ce qu’il faut retenir sur Mary cassatt

reporter-1

Mary Cassatt vit à Paris.
Lorsqu’elle arrive à Paris, c’est pour étudier. Elle connaît  cette ville puisque ses parents y séjournent chez des amis régulièrement.
Quoique Mary Cassatt ait quitté sa patrie pour Paris, bien qu’elle ait voulu vivre dans le monde Bohème des peintres et des modèles, des revendeurs et des collectionneurs, elle est restée dans son univers vigoureux de ses héros de Guerre révolutionnaires de sa généalogie de fonctionnaires sérieux, en Pennsylvanie. Elle est venue de la classe bien élevée qui cache sa richesse derrière la modestie, travaille durement et préfère chaque fois que possible mener une vie campagnarde. Puisque beaucoup d’histoire de Mary Cassatt raconte comment elle est partie de ce contexte solide, à la limite de la petite noblesse de la Pennsylvanie elle a su garder certaines de ses qualités indélébiles tout au long de sa vie.
La preuve, bien qu’elle possède un immeuble à Paris c’est dans la campagne au environ de Paris  (Ménisl-Théribus) qu’elle finit ses jours. Le 18 juillet 1911, elle a rédigé ses dernières volontés dans laquelle elle a laissé la plupart de sa propriété aux trois enfants de son frère Gardner à Hélène Mary Cassatt (Mme. Horace Binney ) elle a laissé Château de Beaufresne et tout son contenu à Eugenie Cassatt (Mme. Percy Madeira) épouse  son frère Gardner, elle a laissé le contenu de son appartement de Paris et tout son argent qu’il lui faut partager. Elle a laissé son image (tableau) à son grand-neveu, Anthony Drexel Cassatt, un souvenir à Mme. Havemeyer et cinquante dollars par mois pour toute sa vie aussi un tableau ou un bijou à Mathilde.

pinceau-couleur-1

Sa vie sentimentale
Sur ce point Mary Cassatt fut discrète nous le serons aussi.
La grande question : Mary Cassatt,  Edgar Degas : quelle était leur relation ?
Beaucoup de choses sont dites : Leurs caractères égalent à leur talent et leurs relations sont houleuses, on s’en doute. L’éducation que reçue Mary Cassatt, son choix du célibat  nous donne à penser qu’elle voulait rester libre de toutes attaches sentimentales, elle a brûlé toute sa correspondance avec Degas pour éviter les indiscrétions et  les    déductions   faciles, respectons cela.
Elle n’est pas attirée par le mariage (elle refuse deux demandes en mariage). Sur la fin de sa vie elle ne cache pas son regret de ne pas avoir d’enfants «Mon erreur était dans ma consécration de moi-même à l’art, au lieu d’avoir des enfants » (Mary Cassatt, 1924, à Adolphe Borie, jeune peintre de Philadelphie).
Le caractère d’Edgar Degas est connu : de réputation misogyne, il savait être exécrable avec les femmes. Mais il admirait l’élégance, l’esprit, le travail de Mary Cassatt qu’il considérait comme une consœur.

.pinceau-couleur-1

Mary Cassatt, son travail
Mary Cassatt a été longtemps considérée comme le seul peintre américain parmi le groupe impressionniste français, c’est vrai pour les femmes seulement. Whistler a lui aussi côtoyé les impressionnistes alors que Mary MacMonnies et Perry Lila Cabot autres femmes étrangères s’en sont abstenues (Perry, elle s’est approchée de Monet à Giverny puisqu’elle était sa voisine). Par les Américains, Mary cassatt était considérée comme une exilée ce fut pour elle un problème.
Elle se désintéresse du Salon officiel, elle suit Degas et les impressionnistes, les thèmes de son travail hormis les scènes de théâtre s’apparentent à Caillebotte dans les scènes de familles de classe moyenne. Elle a aussi travaillé les gravures japonaises et habilement les a adaptées à son style. Comme elle a suivi les conventions de son temps il n’y a rien dans le travail de Mary Cassatt qui ne puisse nous étonner hormis  ces peintures où elle fait participer les enfants étant célibataire sans enfants. Ces peintures de mères et enfants ou d’enfants seuls indiquent le génie derrière l’œuvre  elle peint ces scènes comme personnes avant elle. Les autres peintres peignaient des scènes de famille conventionnelles très officielles ou l’on sentait la représentation de Marie et Jésus. Me Pertterson dans sa thèse le dit très bien « Mary Cassatt, la Dame peintre a désacralisée le thème de la mère et l’enfant». Que voit-on dans ces scènes ? Une mère fière et heureuse de partager des moments privilégiés que toutes mères connaissent et les enfants libres sans contraintes sont dans leurs milieux remplis d’imaginaires leurs corps sont dodus, leurs visages ronds, leurs mains sont minuscules, loin  du monde des adultes et de l’enfant idéalisé. Mary Cassatt capture vraiment l’esprit des enfants. Dans son travail on ne voit pas la mère se glorifiant dans la maternité mais elle prépare la génération future de mère qui riche ou modeste s’occupe désormais de leurs enfants.
S’il faut parler des gravures japonisantes de Mary Cassatt nous sommes obligés de reconnaître que l’on ne peut en prendre d’autres en comparaison car Mary Cassatt fut une des rares  femmes à faire ce genre de travail. Elle a continué encore trois fois : un Tondo qui est reproduit sur le livre de Segard  puis un  destiné à être au-dessus d’une porte d’une administration dont on n’a pas de reproduction.
1914 Mary Cassatt perd progressivement la vue, elle peint de moins en moins mais reste active. Par exemple elle organise une aide humanitaire pour les familles locales victimes de la guerre. Elle aurait même inventé et obtenu un brevet pour un hamac qui permettait de récupérer les blessés enroulés ce qui leurs évitaient bien des souffrances.

pinceau-couleur-1Pourquoi  la peinture de Mary Cassatt est-elle si différente des autres peintres américains ?
Parce qu’elle a reçu une éducation « à la française » ?
-Vécue très jeune en France ?
-Étudie et travaille en France ?
C’est tout ce mélange bien sûr. Mais aussi parce qu’elle était innovante, curieuse et une travailleuse acharnée. Peut-être que le  sang Français qui coulait dans ses veines a influencé sa manière de voir. Elle  a fait son propre style, n’hésitant pas à se remettre en cause jusqu’à obtenir son objectif. Il n’est que de détailler ses mères et enfants ; les regards profonds qui réunissent l’enfant à sa mère ; les attitudes ; les modelés demandent du talent mais il faut du cœur pour en sortir toute l’émotion alors qu’elle ne fut jamais mère. On ne peut que rendre hommage à son sens de l’observation. Étant indépendante financièrement par la vente de son travail, elle pouvait prendre son temps pour créer. « La tasse de chocolat »  Fondation Terra a été faite en quatre ans.
En 1905, on lui demande de créer une série de murals circulaires (tondo)  sur le thème de la maternité, pour le salon de la femme dans le nouveau siège de la législature  de l’état de la Pennsylvanie dans Harrisbourg. Bien qu’elle ait déjà peint deux de ces tondo, elle a en fin de compte rejeté la commission pour diverses complications. L’enfant  ou bébé debout est une étude pour un troisième mural que Mary Cassatt n’a jamais terminé

pinceau-couleur-1

Comment Mary Cassatt est-elle perçue parmi les Impressionnistes Français En 1946 Les critiques d’art ont cherchés à classer Mary Cassatt par rapport aux autres artistes de sa génération. Comme impressionnistes elle était reconnue vers 1890 juste derrière Degas Renoir Monet devant Caillebotte et Guillaumin et souvent à égalité avec Pissarro, Morisot ou Sisley. Cette place est restée la même aujourd’hui, mais en Amérique il a fallu lui trouver une place, malgré sa longue carrière à Paris. C’est dans son style et son individualité que l’on a reconnu « son Américanisme » il n’est pas sûr que Mary Cassatt aurait aimé cette appellation (MH). Mais en 1946 à Londres lors d’une exposition « Deux cents ans de peinture Américaine » Mary Cassatt y figurait. (Extrait du livre Mary Cassatt A Life : Nancy Mowell Mathews : en Anglais) En France, Mary Cassatt dont les œuvres furent revendues à des collectionneurs étrangers, sombre dans l’oubli. C’est par la découverte de ses gravures (Galerie Adelson, exposition Giverny 2005), nous entendons régulièrement parler d’elle.

pinceau-couleur-1

Conclusion
Mary Cassatt dans son époque était une marginale. Par son éducation elle devait  être l’épouse d’un banquier ou d’un homme important. En s’expatriant elle augmentait ses difficultés. Elle a dû souffrir d’un manque de communication bien que parlant un Français correct, certaines subtilités lui  firent défauts, son statut de femme artiste, son éducation stricte lui ont également compliqué la tâche. Mais têtue, persévérante, sachant qu’il lui fallait être dans les meilleurs elle atteint son but, indépendante financièrement elle peut mener sa vie à sa guise, elle est grande (1m78) s’habille chez les grands couturiers avec goût,  elle aime les belles choses et s’entoure d’objets de valeur malheureusement une cécité l’empêchera d’en profiter. La perte de ses proches (Lydia son père sa mère Ses frères) la laisse amère, sa santé se dégrade (Rhumatismes, Diabète, mauvaise chute de cheval, un terrible accident de voiture) en font une femme vieillissante aigrie. Son caractère sent ressent (certains disent qu’elle perd ses belles manières), elle s’isole dans son château entourée simplement de ses fidèles serviteurs et c’est dans les bras de son chauffeur Armand Delaporte qu’elle s’éteint à 20 heures le 14 juin 1926.

mc-embleme

Dans le livre : Miss Mary Cassatt Impressionnist from Pennsylvania on peut lire en dernière page  un journal non identifié a publié sa nécrologie.

Mary Cassatt, la peintre vient de mourir dans son château de Mesnil-Théribus (Oise). Nous perdons une grande artiste en même temps qu’une femme de haute distinction morale et intellectuelle. Mary Cassatt appartenait à l’Amérique part sa naissance, mais elle appartenait à la France par son  talent et la formation de son esprit. Toute sa vie, depuis sa première jeunesse qu’elle  a passé en France, à Paris C’est auprès des maîtres tels que Manet, Degas, Raffaëlli, Bartholomé, qu’elle se forma Aucune artiste n’a rendu comme elle l’âme de l’enfant et de la mère.

2

Mary Cassatt est morte
Depuis six ans elle ne peignait plus, ayant à  peu près perdu la vue ; mais sa vive intelligence était demeurée Intacte. Elle s’intéressait à tous les problèmes politiques et sociaux et en discutait avec ferveur.

Le 30 mars 1927  vente du contenu du studio de Mary Cassatt, l’héritière : Mathilde Valet à laquelle Mary Cassatt avait donné environ trois cent peintures, des pastel, des dessins et des gravures comme rémunération ou pension. Cette vente a été traitée par la Galerie du Matin, qui les a exposés et les a ensuite fait vendre aux enchères dans deux groupes en quatre ans (1927/1931), tamponnés avec le cachet d’un collectionneur ovale ou on lit « Mary Cassatt : la collection Mathilde X » pour être mentionnées ensuite comme Vente de Mathilde X  (extrait du dernier chapitre de Mary Cassatt : A Life) Nancy Mowell Mathews.

Mary Cassatt n’est plus. Son souvenir demeure à Mesnil-Théribus  AVEC……plaqueEdité le 29/10/2016

image 10

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Quand l’Amérique…….

titre-page
Nous avons dit que  Mary Cassatt ne faisait pas de paysage.
C’est vrai, un seul dessin existe à notre connaissance. Qui n’est qu’une esquisse à l’encre.
mage-1Elle a fait quelques scènes de plein-air

image-2-v2

Avec des expositions, livres, conférences, les musées qui l’ont sorti de leurs réserves, Mary Cassatt bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance méritée.
S’il est vrai qu’elle ne fait pas de paysage c’est surtout parce que l’exercice ne l’attire pas. Indépendante oui, mais toujours dans les limites de la bienséance, il n’aurait pas été convenable qu’elle puisse peindre seule dans la nature. Elle fait des scènes de plein-air : dans sa propriété de Mesnil-Théribus, à Cannes  et à l’étranger en Espagne   toujours accompagnée  de sa mère, de sa sœur ou d’amies. En Italie elle découvre la gravure avec Carlo Raimondi, pratique qu’elle améliorera dans son atelier de Beaufresne profitant d’un petit cours d’eau.
image-3

Après 1870, on commence à parler d’elle, Mary Cassatt ne s’interdit pas quelques tableaux en extérieur.
Différence entre paysage et plein-air :
Les scènes de paysage 
: l’artiste travaille sur le paysage qui est le point principal du tableau.
Les scènes de plein-air : ce sont les personnes ou les monuments qui sont les sujets principaux, le paysage n’étant que le décor.

image-4

Le texte qui suit est inspiré du catalogue ‘ Impressionnistes Américains‘. Il explique Mary Cassatt vue par l’Amérique. Nous l’avons trouvé juste et conforme à l’idée que nous nous faisons de l’artiste :
Mary Cassatt, bien qu’implantée en France reste toute sa vie une Américaine. Elle se lie d’une profonde amitié avec Degas, elle est la seule parmi ses compatriotes à être identifiée aux impressionnistes français, c’est l’unique artiste américaine qui appartient à l’impressionnisme de « l’Intérieur » pourtant elle partage  une particularité avec les impressionnistes américains « en dissolvant rarement : la substance de la forme naturelle ». L’impressionnisme tel qu’elle  le comprend, l’incite à s’éloigner de la peinture strictement académique.
Comme ses compatriotes elle se spécialise  dans la figure et garde de ses racines américaines un manque d’intérêt pour les scènes urbaines mais elle encourage les étudiants américains à venir en France pour  apprendre cette technique. C’est un fait incontestable qu’elle est le promoteur de l’impressionnisme en Amérique.
Mary Cassatt, célibataire nous montre des mères et enfants  qui sont superbes. Elle reste aristocratique dans un Paris Bohème, américaine toujours convenable dans le monde turbulent de l’art.

 

image-5

L’œuvre de Mary Cassatt est fort appréciée pour l’ampleur de sa technique, la puissance de son dessin. Ses toiles vivantes et audacieuses révèlent  une artiste ayant atteint un niveau professionnel tout à fait exceptionnel pour l’époque.

image-6

Texte inspiré de : Impressionnistes Américains. Catalogue publié à l’occasion de l’exposition  au Musée  du Petit Palais Paris du 31 Mars  au 30 Mai 1982.

Edité le 9/10/2016

image-7

Publié dans Infos | Laisser un commentaire

Mary cassatt par Mr. Plazy

bannière 1
Cet article est sous autorisation, s’il s’avère être non conforme par la maison d’édition, nous le retirerions.

bureau

Je remercie l’auteur pour son approbation
Bannière textePar respect pour l’auteur, je vous livre l’article tel qu’il a été écrit.

Mary Cassatt, 1844- 1926. Le combat d’une femme

Mary Cassatt
aurait dû devenir l’épouse de quelque magnat américain. Cette fille d’une grande famille de PHILADELPHIE a préféré l’aventure d’un art auquel il lui a semblé nécessaire de sacrifier sa vie de femme.

En se consacrant à la peinture, elle a renoncé à être épouse et mère.  Héritière à qui fut  épargnée  la bohème, elle s’est efforcée de gagner sa vie par son art. Américaine, elle s’est exilée en EUROPE, installée  à PARIS. Parisienne, elle s’est dépensée  pour introduire l’Impressionnisme aux ÉTATS-UNIS. Indépendante, elle a fait seule son chemin et a rejoint l’impressionnisme, entraînée par DEGAS, pour la quatrième exposition. Célibataire, elle s’est fait une spécialité des tableaux de maternité.

marlett 01

 

Une jeune Américaine

Mary Cassatt est née d’une Amérique prospère et fière de son ancienneté. D’origine hollandaise, irlandaise, écossaise, sa famille, qui s’honore d’être arrivée sur ce continent avant que les Etats-Unis ne conquièrent leur indépendance, aurait, en fait, eu des racines en France, d’où elle aurait fui quand les huguenots y étaient pourchassés. Des Cossart, qui auraient pendant quelques temps vécus en Hollande, seraient arrivés dans le New Jersey en 1662, s’y seraient transformés en CASSATT, devenant ces pionniers qui réussissent, avançant vers l’Ouest au fil de la conquête, faisant de brillantes affaires. ROBERT CASSATT, le père de Mary, est arrivé à Pittsburgh, en Pennsylvanie, à l’âge de 2 ans avec sa mère qu’un rapide veuvage obligeait à chercher secours chez son frère, ROBERT SIMPSON personnage important de la ville, célibataire sans autre famille à charge. Ainsi
Robert Cassatt est-il devenu bourgeois de Pittsburgh, épousant en 1835, à 29 ans, la fille d’un ami de son père, KATHERINE JOHNSTON, qui en avait 19. Cette jeune fille, avait perdu son père 3 ans auparavant et sa mère alors qu’elle n’avait que 4 ans.
Robert Cassatt, qui s’avère être un homme d’affaire avisé, a fondé la firme Cook & Cassatt, qui est impliquée dans différents domaines, en particulier dans le commerce du coton. Ce n’est pas une activité très bien considérée dans un milieu où l’on est plutôt docteur, avocat ou banquier. Le couple vit dans un certain luxe, à  ALLENGHENY CITY (une cité jumelle de Pittsburgh, une ville riche parce que le terminus du Pennsylvanien Railroad et qui se  pique volontiers de culture), et donne naissance à 4 enfants, LYDIA, ALEXANDER, ROBERT ET MARY née en 1844.

Peu après la naissance de cette 2éme fille, Robert Cassatt, a gagné assez d’argent pour limiter son activité professionnelle et n’être plus qu’un gentleman qui gère au mieux sa fortune. Il installe alors sa famille à LANCASTER, toujours en Pennsylvanie, à l’Est de Pittsburgh, dans une des plus belles propriétés de la région, HARDWICKE, où pourtant il ne reste que 2 ans, préférant revenir en ville, à Philadelphie, sans doute parce que l’un de ses fils, Robert, est atteint d’une grave maladie des os qui requière des soins particuliers. Peut-être est-ce  la raison, où au moins en partie, qui presque 2 ans plus tard, il  fait embarquer la famille Cassatt  sur un transatlantique, pour un long séjour en EUROPE ; Mary n’est encore qu’une enfant quand elle pose pour la première fois les pieds sur la terre d’Europe.
En 1851, alors que se tient à LONDRES, au CRYSTAL PALACE, une exposition internationale, que ses parents ne manquent pas de visiter, peut-être accompagnés de leurs enfants, avant de se rendre à PARIS pour y passer 2 ans, puis en ALLEMAGNE pour une même durée, à HEIDELBERG et DARMSTADT. Les 5 enfants (GARDNER est né 5 ans après Mary) reçoivent ainsi une éducation européenne et pratiquent des langues étrangères. Mais le fragile Robert meurt et la famille retourne aux Etats-Unis, à l’exception d’Alexandre, aîné des garçons, qui s’est engagé dans des études d’ingénieur qu’il serait maladroit d’interrompre en cours d’année. Mary, très affectée par la perte de ce frère, a 11 ans quand le destin la fait passer par Paris alors que s’y tient une autre exposition internationale, celle de 1855, à l’occasion de laquelle GUSTAVE COURBET dresse son pavillon du réalisme. Sans doute les Cassatt n’ont-ils pas le cœur à se plonger dans la foule de cette grande manifestation et, si cela était, ils n’auraient sans doute aucunes raisons à s’intéresser à la peinture du plus contestataire des peintres. Bien naturellement c’est en Pennsylvanie qu’on revient, d’abord à WESTCHESTER, puis de nouveau à Philadelphie, où Mary arrive à 14 ans dans une ville qui est une métropole culturelle importante. Elle y devient une jeune fille indépendante, qui bénéficie d’une éducation moderne, ne craint pas d’exprimer ses opinions, étudie la littérature.

Un mois avant de fêter ses 16 ans, elle s’inscrit à l’Académie des beaux-arts de Philadelphie, l’école d’arts la plus réputée des Etats-Unis, où l’on compte au moins un quart de filles parmi les étudiants et où se pratique quelque chose qui  en Europe, serait un scandale : garçons et filles ne sont pas séparés à l’heure de dessiner en présence d’un modèle nu. Avec son amie ELIZA HALDEMAN, elle suit l’activité artistique, visite les expositions, fréquente les galeries, rencontre des artistes, s’initie à l’art contemporain, va au concert.
En 1862, quand ses parents déménagent encore pour retourner à la campagne, prés de WestChester, elle quitte les beaux-arts, préférant, semble-t-il, continuer de travailler toute seule. Elle ne se coupe pas pour  autant de Philadelphie, qui n’est pas loin et où elle retrouve Eliza et se replonge dans la vie des arts. Alexander, lui aussi maintenant revenu en Amérique et désormais ingénieur au PENNSYLVANIA RAILROAD, est un frère très proche de la jeune fille qu’est devenue Mary, dont il partage volontiers les goûts artistiques.
En 1865, Mary à 21 ans et l’Amérique sort d’une terrible guerre civile, qui n’a pas été un fléau pour les hommes d’affaires  de Philadelphie et dont il semble  que Robert Cassatt ait su tirer profits par de judicieux investissements.
Mary, qui n’a rien perdu de son intérêt pour les beaux-arts et qui n’a pas envie de sacrifier ce qui lui paraît être une vocation artistique pour une vie d’épouse et de mère, veut retourner en Europe, où il est normal que se rendent les jeunes artistes qui veulent parfaire  leur formation au contact  des œuvres des grands maîtres de l’histoire de l’art. Son père, d’abord, lui fait savoir qu’il préférerait la voir mourir, puis il fléchit quand Katherine, son épouse, se déclare prête à chaperonner sa fille.
Mary, ainsi flanquée de sa mère, qui restera avec elle pendant quelques mois, part donc pour une grande aventure artistique et européenne et c’est à Paris qu’elle passe Noël 1865,

17 ans après son 1er séjour en France. Elle y retrouve des amis de Philadelphie, d’anciens condisciples de l’Académie des beaux-arts de Philadelphie, dont ELIZA  HALDEMAN, qui la rejoint après quelques temps EDWARD ROBERTS, THOMAS EASKINS, membre d’une communauté américaine alors assez importante à Paris dans le monde de l’art, quoique mouvante, faite de gens qui passent ou s’installent pour plus ou moins longtemps. Une jeune femme ne peut pas suivre l’enseignement des beaux-arts, réservé aux garçons, mais Mary montre assez de talent et de force  conviction pour se faire accepter comme élève particulière par le célèbre GEROME et c’est déjà  pour elle un brevet de qualité artistique. Elle obtient aussi très vite la carte de copiste qui lui permet de poser son chevalet dans les galeries du LOUVRE.

Mary Cassatt et Haldeman sont  ensuite élèves de  CHARLES CHAPLIN, un des rares peintres à tenir  une classe réservée à des jeunes femmes. En février 1867, elles passent toutes deux un mois à COURANCES, dans la forêt de Fontainebleau, où elles sont très étonnées par la façon de vivre des paysans. Elles peignent des villageois plus qu’elles ne sont prisent par la folie passagère qui règne en ces lieux. De là, elles partent pour ECOUEN, au nord de Paris, où, au pied d’un château renaissance, vit et travaille une  autre communauté de peintres, parmi lesquels PIERRE EDOUARD FRERE et PAUL CONSTANT SOYER  font profiter de leur expérience des artistes plus jeunes, dont quelques américains. Elles y restent une année, très proche de Soyer et de sa femme, avec juste une petite expédition vers SAINT-VALERIE-SUR-SOMME.

Leur  application  est récompensée par leur entrée au Salon, au printemps 1868. Mary expose une jeune paysanne jouant de la mandoline, une figure un peu mélancolique qui la montre sous influence de Corot, mais témoigne autant de la force de son tempérament que de ses capacités artistiques. Elle signe alors  MARY STEVENSON et a d’autant plus de raison d’être heureuse qu’elle a la chance, contrairement à Eliza  de voir son tableau bien accroché, sur la cimaise, à hauteur du regard.
Les deux amies inséparables, en profitent pour visiter plusieurs fois ce  Salon, que Mary regarde d’un œil critique, et pour sortir avec des amis américains de passage à Paris, qui les emmènent au restaurant, à l’Opéra, au concert. Elles retournent aussi dessiner au Louvre, où elles trouvent l’atmosphère peu sérieuse, mais où il est possible à de telles jeunes femmes de donner des rendez-vous qu’il leur serait impossible de fixer à leur hôtel ou dans un café.

Mary, ensuite, part seule pour VILLERS-LE-BEL, le village où vient de se retirer  Couture. Celui qui fut le triomphateur de 1847 avec ses très académiques « ROMAINS DE LA DECADENCE », puis le maître d’EDOUARD Manet, attire de jeunes américains auxquels il enseigne à mélanger le moins possible les couleurs et a étudier la nature en plein air. Eliza, rejoint Mary et toutes deux travaillent auprès de ce maître original, mais la complice de ses premières années parisienne choisie bientôt de retourner en Amérique. Mary, elle pense qu’elle a encore beaucoup à apprendre en Europe et qu’il lui faut profiter de l’ouverture qui lui a été faite au Salon. Elle est malheureusement dépitée de voir son envoi  de 1869 refusé, mais ne se décourage pas, revenant à Paris pour trois mois pendant lesquels elle se plie à nouveau aux  rigueurs du travail de copiste, demandant aux grands maîtres du Louvre de lui livrer les secrets qui lui permettront de s’imposer.

Puis, elle fait un voyage dans les Alpes, en compagnie d’une autre jeune femme de Philadelphie qui a des amis près de ST. GERVAIS. Elle s’y exerce à dessiner ce paysage de montagne qui pour elle est tout à fait nouveau. De retour à Paris, elle passe la  Noël à Paris en compagnie de sa mère, qui a traversé l’Atlantique pour la voir, et elle commence la nouvelle année en ITALIE, à  ROME où Mary se range derrière un autre maître, le Français CHARLES BELLAY, un artiste sans grand renom, afin de préparer le salon de
1870. Elle n’a pas tort puisque le tableau qu’elle envoie, un paysage des Alpes, est accepté. Ainsi rassérénée, elle peut revenir aux Etats-Unis, où son cher frère Alex (Alexander) s’est marié avec LOÏS BUCHANAM, la fille d’un pasteur, qui est assez mal acceptée par la famille Cassatt. Il s’est installé à ALTOONA, où son frère cadet, GARDNER, l’a rejoint et où Mary et sa mère arrivent en août 1870. Mary, auréolée de son prestige parisien, prend sans tarder un atelier à PHILADELPHIE, où elle retrouve ses amis, dont certains artistes, tel THOMAS EAKINS, s’avancent sur la voie du succès.

Elle se lie avec le graveur JOHN SARTAIN, un représentant très estimé de la  génération précédente, dont la fille EMILY était avec elle à l’Académie des Beaux-Arts et dont le fils WILLIAM, un proche de Eakins, qu’elle a du rencontrer à Paris deux ans auparavant, est lui aussi artiste. Elle retrouve aussi Eliza mais celle ci, qui ne montre plus la même passion pour l’art, s’apprête à se ranger en épouse et mère –  une perspective qui n’attire pas Mary. Mary Cassatt est peintre, reconnue par le salon de Paris, et c’est ainsi qu’elle veut gagner sa vie. D’autant plus que son père est peu enclin à l’entretenir comme artiste et que, si elle ne parvient pas vite à garantir son indépendance en vendant des tableaux, elle devra faire comme Eliza : épouser quelque héritier de Pennsylvanie. Elle fait le portrait de modèles qu’elle habille de vêtements rapporteés d’Europe et, en quête de lieux où exposer, elle parvient à placer deux  toiles à la galerie GOUPIL de New York. Mais Philadelphie ne lui paraît pas assez dynamique sur le plan artistique et c’est en Europe seulement, pense-t-elle qu’elle pourra épanouir son talent et lui trouver l’écho qu’il mérite.
Le problème, c’est l’argent, le prix du voyage et du séjour. Aussi part-elle avec quelques toiles à montrer et sa mère comme chaperon, pour Pittsburgh, où l’évêque catholique lui commande deux copies de peinture du COURREGE pour la cathédrale : Trois cents  dollars fort bien venus, qui vont lui permettre de traverser l’Atlantique. Elle n’en continue pas moins ce voyage qu’elle a entrepris pour faire connaître son travail et chercher des clients et elle est à CHICAGO quand un incendie dévaste la ville et détruits les tableaux qu’elle a exposés dans une bijouterie

marlett 01

LE CHOIX DE L’EUROPE

Emily Sartain l’accompagne pour son retour en Europe, en 1871. C’est à PARME que l’attendent les œuvres du Courrège, Parme, une ville artistiquement très vivante où elle prend très vite place dans une communauté artistique nationale. Elle y peint un beau tableau qu’elle envoie avec succès au Salon de 1872. «  DEUX FEMMES JETANT DES FLEURS PENDANT LE CARNAVAL » est un double portrait de femmes pour lequel elle a fait poser, dans une composition savante, deux modèles sensés jeter des fleurs d’un balcon. Tandis qu’Emily se rend à Paris, Mary continue de travailler à ses copies, au moins à celle du « COURONNEMENT DE LA VIERGE », avant d’aller à MADRID et à SEVILLE, où elle peint une demi- douzaine de tableaux, des figures en costumes, dont une belle femme en mantille. Elle ne prend le train pour Paris qu’en avril 1873, pour y visiter le Salon, où elle peut une fois encore se réjouir  d’être présente maintenant sous le mon de MARY STEVENSON CASSATT, avec un torero et une jeune fille qui témoigne de l’intérêt qu’elle a pris pour contempler les tableaux de VELASQUEZ et MURILLO.

Alors qu’Emily Sartain est devenue l’élève du médiocre EVARISTE LUMINAIS (comme elle désapprouve ce choix et ne comprend pas l’attachement de son amie à l’égard de son professeur, elle se fâche avec elle), il semblerait qu’elle rencontre alors ses premiers impressionnistes, parce qu’elle peint le portrait d’une Mde SISLEY, qui pourrait bien être la compagne du peintre ainsi nommé. L’été suivant, sa mère, de nouveau, est là pour un périple européen, qui les mènent en HOLLANDE et en BELGIQUE  où Mary prend un atelier et étudie RUBENS, avant que toutes deux retournent à Paris, en octobre, l’une rentrant en Amérique l’autre revenant en Italie, à Parme et à Rome. Au Salon de 1874, bien qu’absente de Paris, elle présente une toile qui est très appréciée par un peintre dont elle connaît sans doute un peu la peinture, mais qu’elle n’a pas encore rencontré : EDGARD DEGAS.

La première exposition des impressionnistes se tient boulevard  DES CAPUCINES alors qu’elle séjourne à Rome et l’on peut supposer que, si ce n’était pas le cas, elle si curieuse d’art moderne, ne manquerait pas une telle manifestation. A moins que, trop proche encore de Thomas Couture, qu’elle retrouve aux cours de l’été à VILLIERS-le-BEL, elle préfère se tenir à l’écart des contestataires d’un salon où elle a pris place. Ce n’est sans doute pas totalement une coïncidence si, décidant alors de passer l’hiver à Paris, qu’elle m’aime pas beaucoup, selon Emily Sartain . Mais il lui semble nécessaire de rester pour s’imposer et vendre ses tableaux, elle s’y installe définitivement. Mary Cassatt trouve, au flan de la butte MONTMARTRE, rue de LAVAL un appartement confortable, que sa sœur LYDIA qui est férue de mode et de décoration, vient l’aider à aménager et dans lequel elles vivent en sœurs très amicales pendant deux ans. Commençant une nouvelle vie, elle rompt avec les scènes de genre, dans lesquelles elle a toujours montré une maîtrise certaine, pour se consacrer au portrait. En commençant par celui de Lydia, qui est  refusé au Salon, alors qu’un autre tableau d’elle, le portrait d’un enfant, y est accepté. La communauté américaine lui fournit quelques modèles et quelques commandes, encore qu’elle ne puisse rivaliser sur ce terrain avec sa compatriote ELIZABETH GARDNER  qui devenue la maîtresse du très réputé WILLIAM BOUGUEREAU, pour elle tout le prestige d’un académisme mondain. Au moins peut-elle ainsi retourner, tête haute, à Philadelphie au cours de l’été 1875.

Pour le salon suivant, elle se contente d’assombrir le fond du portrait de Lydia, qui a été refusé l’année précédente et elle ne s’étonne pas, cette fois-ci de le voir accepté : c’est bien la peinture claire qui encourt les foudres de l’Académie. Comme, en 1877, elle est exclue de la manifestation, elle ne peut qu’être en colère contre une institution qu’elle a respectée et dans laquelle elle a placé ses espérances. Ce n’est pas elle qui a recherché la rupture, mais puisqu’on la rejette, elle passe à l’ennemi, c’est à dire dans le camp des Impressionnistes. Comme Degas, qui est resté attentif à son travail, l’invite à se joindre aux Impressionnistes, elle n’a aucune raison de refuser, plutôt contente, bien sûr, d’être élue pour participer à une offensive qui depuis trois ans a pris de la consistance.

Elle a pour la première fois admirée des Pastels de DEGAS, en 1875, dans une boutique du boulevard HAUSSMANN, collant le nez à la vitre et sentant que de telles œuvres suffisaient à changer le cours de sa vie en lui montrant exactement l’art tel qu’elle avait l’ambition de le faire. Degas est venu ensuite dans son atelier, amené par un autre artiste. Au sein du groupe quelque peu confus des IMPRESSIONNISTES, elle se lie tout naturellement avec BERTHE MORISOT, dont elle achète vite un tableau, avec l’aimable RENOIR  et le généreux PISSARRO aussi, alors que le paysagisme strict  d’un MONET l’ennuie. Ce nouveau compagnonnage qui l’inscrit dans la vie d’artiste parisienne en ce qu’elle a de plus dynamique, l’encourage et, sans plus se préoccuper du Salon, elle prépare l’exposition de 1878 en multipliant les croquis où qu’elle soit, en recevant dans son atelier Degas qui la conseille, l’aide à trouver des modèles, réalisant un bel autoportrait, un portrait de petite-fille dans un fauteuil, un portrait de sa mère lisant LE FIGARO. Elle devient ainsi à part entière une artiste impressionniste.

Ses parents viennent la rejoindre, quittant Philadelphie pour s’installer en famille, avec Lydia, rue Beaujon, puis avenue Trudaine. Elle garde son atelier de la rue Laval, dont elle est fière de pouvoir assurer seule la charge. Si elle est déçue du report  de l’exposition impressionniste pour cause d’Exposition Universelle, elle a au moins la satisfaction de participer à celle ci en exposant dans le pavillon américain, en compagnie d’Elizabeth  Gardner, Henry Bacon, John Singer Sargent, Winslow Homer.
Enfin, en 1879, elle peut, au sein des impressionnistes, montrer onze œuvres, dont trois pastels, parmi lesquelles PORTRAIT DE M.C (peut-être son autoportrait), FEMME DANS UNE LOGE, FEMME LISANT (le portrait de sa mère), AU TEATRE – des figures sans artifice qui font preuve, de sa part, d’un nouvel intérêt de la vie et les personnages de son temps. L’accueil qui lui est fait et des plus encourageants et, comme elle vend un peu des deux côtés de l’Atlantique, elle a lieu de penser qu’elle a fait un bon choix et elle s’implique plus avant dans le groupe en travaillant, avec Degas et Pissarro, au projet de journal LE JOUR ET LA NUIT
C’est pour elle l’occasion de s’appliquer à un art qui connaît une nouvelle vogue, qu’elle a encore peu pratiqué mais pour lequel ses dons de dessinatrice sont un atout. Degas, cet aîné qui est alors son plus proche complice et qui lui prête ses outils et sa presse, l’encourage. Quant à lui, il la représente au Louvre, en compagnie de Lydia. Il s’entremet aussi pour lui procurer un Griffon belge sorti d’un élevage du BARON LEPIC, un peintre qui a participé aux deux premières expositions impressionnistes. Quand le projet du journal tombe à l’eau, elle est fortement déçue et elle en veut à Degas de se montrer aussi peu constant. Il est vrai que celui-ci a le caractère difficile et quelle a du caractère ! Ils  leurs arrivent plus d’une fois de se brouiller, mais une solide amitié et une grande proximité artistique continuent de les unir. Lui qui a la dent si dure a pour elle une rare estime et il fera d’elle, tenant dans ses mains ses cartes ou des photographies, un saisissant portrait, dans lequel pourtant elle ne se plaira pas. A l’exposition de 1880, elle montre seize œuvres, dont trois eaux-fortes.  LE THE, qui sera connu plus tard sous le titre LA TASSE DE THE, y est très apprécié par le critique GUSTAVE GEFFROY. Au cours de l’été  de la même année, Alec accompagné de sa femme LOIS et de leurs enfants, rejoint ses parents et ses sœurs, qui s’installent pour l’été à MARLY-LE-ROI, où Mary peint des portraits d’Alec et de Lydia.
L’année suivante, la villégiature se fera à LOUVECIENNES, dans une maison qui porte le joli nom COEUR VOLANT, mais Lydia est malade et sa santé va continuer de s’altérer jusqu’à sa mort, en décembre 1882. La disparition de cette sœur si proche atteint profondément Mary en ces années qui, autrement, seraient heures, aussi positives sur le plan travail que sur celui des amitiés, dans un cercle littéraire artistique où se fréquente Berthe Morisot, Edgar Degas, Stéphane Mallarmé, Renoir, Pissarro, Wistler aussi quand il revient en France (c’est lui qui peint Loîs en tenue d’amazone) . Elle a préféré, comme Degas, ne pas participer à l’exposition impressionniste de 1882, mais on voit de ses œuvres dans d’autres manifestations, ici et là, à Londres chez DURAND-RUEL, aux Etats-Unis aussi.
Une jeune et riche  américaine, passionnée par l’art moderne, bien qu’elle ne soit pas elle-même une artiste, venue à Paris en 1881, puis plus longuement en 1882, offre à Mary une amitié admirative qui comble l’intéressée au moment où se fait sentir l’absence de Lydia. LOUISINE  ALDER achète, bien conseillée par celle qui est son mentor dans la découverte de la peinture nouvelle, des œuvres de Degas, Pissarro, Wistler, Cassatt elle-même. En 1883, elle épouse HARRY HAVEMEYER, qui partage son goût de l’art et ne manque pas non plus de la fortune qui fait les collectionneurs efficaces. Installée aux Etats-Unis, elle ne reverra pas Mary pendant six ans, mais elles se retrouveront avec une même chaleur et Louisine sera l’amie la plus proche d’une artiste à laquelle on ne prête aucune histoire d’amour et qui vit sous le même  toit  que ses parents.

1883 est aussi l’année au cours de laquelle les Cassatt quittent l’avenue Trudaine pour l’angle de l’avenue PIERRE- 1er– de- SERBIE et de la rue PIERRE- CHARRON. Ils disposent là d’un bel appartement, aux murs peint en blanc, sur lesquels sont accrochés quelques tableaux impressionnistes. Deux servantes Anna et Mathilde, les accompagnent. Les deux parents vieillissent, assez mal en point. Alec et son fils ROBERT viennent les voir au cours de l’hiver et Mary en profite pour brosser un beau double portrait de son frère et de son neveu, l’un lisant le journal, l’autre assis  sur le bras du fauteuil occupé par son père. Les étés suivants se passent en Ile- de-France, à VIARMES et à PRESLES. Toujours travaillant assidûment, Mary Cassatt est maintenant un peintre reconnu, qui pourrait vivre de sa peinture si elle ne profitait pas d’une fortune familiale et qui n’a que quarante et un ans quand se tient, en 1886, la dernière exposition organisée par les mpressionnistes eux-mêmes, celle qui montre l’éclatement du groupe. L’impressionnisme, qui ne cesse de faire des émules, apparaît de plus en plus aux yeux du public comme un art exclusif du paysage, une peinture bucolique et  ce n’est là certes pas l’art tel que le conçoit et veut le pratiquer cette artiste pour qui la figure a toujours été prédominante.
marlett 01

UNE FEMME MODERNE

Au cours de l’hiver 1886 1887, Mary Cassatt une fois de plus déménage, tout en restant dans le quartier des CHAMPS-ELYSEES. Elle s’installe, toujours avec ses parents, rue de MARIGNAN. L’appartement est assez grand pour qu’elle puisse y avoir son atelier et la cour aménagée pour accueillir  une voiture et un cheval- un luxe bien éloigné des rigueurs de la bohème auxquelles sont contraints encore bien des artistes d’un renom qui n’est pas moindre que le sien. Dans cette nouvelle installation elle est heureuse de recevoir successivement ses deux frères, Alec d’abord, qui s’est retiré des Chemins de Fer pour se consacrer à l’élevage des chevaux de course. Gardner ensuite, en 1888, accompagné de sa femme JENNY, avec laquelle elle a une meilleure complicité qu’avec son autre belle-soeur.
Preuve de la forte relation que toute la famille Cassatt entretient avec la France, le fils aîné d’Alec, EDDIE, qui vient de fêter ses dix-huit ans, entre à ST-CYR où il passera un an avant d’entrer à  WEST POINT, l’école militaire  américaine. Mary fait, au pastel un nouveau portrait de Loïs travaillant  à une tapisserie. Elle peint aussi Jenny, avec son bébé,  GARDNER junior, et c’est le premier tableau d’une longue série de « MATERNITE », dont elle va bientôt se faire une spécialité et qui va lui assurer une nouvelle notoriété.

Le retour en France de Louisine  Elder, en 1889, lui permet de retrouver sa grande amie avec laquelle elle est restée en contact et qui montre à son égard aussi chaleureuse et confiante que quelques années auparavant, comptant sur elle pour l’aider à augmenter la collection d’œuvres d’art ancien et moderne qu’elle constitue avec la complicité de son mari. Par ailleurs, si elle garde de bonnes relations avec Degas et Pissarro (elle participe avec eux et BRAQUEMOND à la première des expositions annuelles des peintres-graveurs  qui tiendront désormais chez Durand-Ruel), elle est moins liée avec ses confrères en peinture qu’avec celui qui est son marchand à Paris et à New York, et avec ses enfants. Pissarro n’est guère à Paris et son passage au pointillisme de SEURAT, qui voudrait être l’accomplissement de l’impressionnisme, lui paraît incongru. Degas, qui est bien encore l’artiste dont elle est artistiquement le plus proche, son mauvais caractère n’en fait pas un ami facile et elle trouve qu’il a trop de mal à reconnaître ce qu’il lui doit, considérant un peu trop qu’elle fût son élève, alors que selon elle, il n’a pas manqué non plus de lui emprunter. Il leur arrive tout de même de dîner ensemble, avec Berthe Morisot et Stéphane Mallarmé. A quarante-cinq ans, Mary Cassatt, américaine de Paris et artiste célibataire, nous donne l’image d’une parfaite réussite sociale, telle qu’on l’imaginerait parmi les tenants mondains de l’académisme que compromise avec les peintres révolutionnaires des années 1870. L’été 1889, elle loue à SEPTEUIL une grande maison, La TOURNELLE, dans laquelle a vécut le peintre paysagiste ANTOINE CHINTREUIL, un fameux adepte du plein air qui est mort à l’aube de l’impressionnisme. Tout irait bien si une malencontreuse chute de cheval, sur les Champs Elysées, ne l’immobilisait avec une jambe cassée.

 Elle se remet bien de cet accident et montre, à l’exposition des peintres-graveurs de 1890, une douzaine de pointes sèches, qu’elle a tiré elle-même sur la presse dont elle dispose désormais dans son atelier. Pour plus de la moitié, elle représente des mères avec un jeune enfant et elles ont beaucoup de succès. L’exposition d’estampes japonaises qui a lieu en avril 1890 à l’Ecole des Beaux-Arts la bouleverse. Il y a là plusieurs centaines de gravures couleur (des bois gravés) qu’elle regarde attentivement et qui lui feront écrire à Berthe Morisot, qui est alors à la campagne, de venir dès que possible voir ces œuvres étonnantes : “Vous ne devez pas la manquer. Vous ne pourrez rien imaginer de plus beau.”
La belle-sœur d’EDOUARD MANET lui obéit, vient déjeuner avec elle et partage son enthousiasme : toutes deux vont maintenant graver sur les traces de ces géniaux Japonais et comparer leurs expériences. Elles sont voisines, MEZY-sur-SEINE et SEPTEUIL (où Mary se remet d’un autre accident de la circulation qui a réduit en pièces a voiture, blessé son chien et la laisser marquer d’un impressionnant coquard) n’étant séparés que de quelques kilomètres. Cassatt, avec l’aide d’un technicien, réalise alors une suite d’une dizaine de gravures en couleurs tirées à vingt-cinq exemplaires, qu’elle montrerait à l’exposition des peintres-graveurs de 1891 si les organisateurs de cette manifestation ne décidaient de la réserver aux artistes de nationalité française.

 Heureusement,  Durand-Ruel, qui en est l’hôte, décide de montrer à part les gravures de Mary, ainsi que celles de Pissarro qui a gardé sa nationalité DANOISE. Elle en  profite pour adjoindre à ses estampes deux tableaux et deux gravures. Berthe Morisot, au même moment, fait l’objet  dans la galerie d’une quatrième exposition, dans laquelle elle montre une quinzaine de peintures et de dessins. Le critique FELIX FENEON fait l’éloge de ces œuvres de Mary Cassatt et remarque judicieusement qu’elle donne toujours à ses femmes de «belles mains masculines ».
Robert Cassatt, son père,  meurt en décembre 1891, à  Paris à l’âge de 85 ans. Katherine son épouse, n’est pas en bonne santé et Mary l’emmène au cap d’ANTIBES, où elle reçoit la visite d’une femme de Chicago qu’elle connaît peu, BERTHA HONORE PALMER, accompagnée de SARA HOLLOWEL, une autre américaine qui a une maison à moret-sur-loing, près de FONTAINEBLEAU. Ces deux femmes sont venues lui demander de réaliser une peinture murale ayant pour thème »la FEMME MODERNE » et destinée au pavillon de la femme de la grande exposition internationale qui aura lieu à Chicago en 1893. Dans le hall d’honneur de ce bâtiment, il fera face à un autre mural consacré à «FEMME PRIMITIVE » confié, lui, à MARY FAIRCHILD MAC MONNIES, une autre Américaine de Paris, après qu’ELIZABETH GARDNER, la compagne de Bouguereau, a éludé l’offre. Cassatt effrayée par un projet d’une telle envergure et Degas, auquel elle en parle, monte sur ses grands chevaux, affirme, que c’est là de la décoration, pas de l’art, et qu’elle aurait tort de perdre son temps dans une telle entreprise. Voici au moins qui l’encourage, par opposition, à s’engager dans l’aventure.
Elle se met vite au travail, au château de BACHIVILLIERS, proche d’ERAGNY où vit son vieil ami Pissarro, une belle demeure entourée d’un grand parc, dont elle est tombée amoureuse. Elle décide de réaliser un triptyque au haut arrondi, dans des couleurs franches, bleu, vert et rose, avec une bordure d’or- le tout en référence à GIOTTO- pour donner une impression de fête, illustrer le triomphe de cette femme moderne dont elle peut bien penser qu’elle en est un exemple. Au centre : des jeunes femmes cueillant les fruits de l’arbre de la science ; sur les cotés : à gauche, trois jeunes filles poursuivant la gloire qui est une femme nue et, à droite deux figures allégoriques de la  musique et de la danse, accompagnées d’un troisième personnage, une autre femme qui représente la femme amateur d’art.

Elle fait construire un grand atelier vitré, avec une tranchée dans laquelle faire descendre la toile pour pouvoir la peindre, elle engage des modèles, conçoit les costumes et se met au travail. Elle passe l’hiver à Bachivilliers, où elle se gèle dans son atelier de verre. Quelques visiteurs rares, viennent la voir et elle est tantôt confiante tantôt découragée, en fait très embêtée  de ne pas pouvoir prendre l’avis de Degas, mais elle parvient au bout de la tâche et, au mois de février, elle est en mesure d’envoyer sa grande peinture à Chicago. Elle ne l’accompagne pas, ne veille pas à son installation et les échos qui lui parviennent une fois que la femme moderne est  en place sont décevants : Il s’avère qu’elle n’a pas su tenir compte de la distance par rapport aux visiteurs à laquelle est située l’œuvre qui manque de puissance décorative, au contraire celle de MARY FAIRCHILD MACMONNIES, plus académique mais plus efficace.

Cette unique peinture monumentale de Mary Cassatt a, hélas disparu  après avoir été décrochée, mais quelques œuvres réalisées en marge, peintures,  gravures en couleurs, témoignent de l’élégance avec laquelle l’artiste a su manier l’allégorie, dans la lumière et la légèreté caractéristiques de l’impressionnisme. Mais ce n’est pas un genre qu’elle cultive et, l’été suivant, elle revient au portrait, qu’elle a en fait assez peu pratiqué, pour exécuter au pastel celui de la fille d’une de ses cousines, MARGUERITE SLAONE. C’est une petite-fille, dans une robe évasée, qui tient une orange dans de larges mains. Elle fait deux versions, une pour les parents du modèle, l’autre pour elle, qu’elle expose chez Durand-Ruel. Celui-ci s’est enfin décidé à lui consacrer toute sa galerie pendant un mois, juste après que Berthe Morisot a eu sa grande exposition chez  BOUSSOD et  VALADON, afin de montrer d’elle une centaine d’œuvres.
C’est une rétrospective depuis 1878, date de son entrée dans l’impressionnisme, en trente et une peintures et pastels et une soixantaine d’estampes. Le succès qu’elle remporte la console de l’échec de Chicago et le musée du LUXEMBOURG se propose de lui acheter une peinture. Le problème, c’est que le choix se porte sur un tableau qui appartient à Durand-Ruel et que la règle veut que l’achat se fasse à l’artiste lui-même. Mary Cassatt tente de le récupérer, mais le marchand ne veut pas le lui rétrocéder et le musée se refuse de se rabattre sur une autre œuvre, si bien que l’artiste dépitée rate  son entrée dans les collections nationales. Il lui faudra attendre trois ans pour qu’une autre occasion se présente et qu’on lui achète un pastel, une de ses maternités dont elle a le secret.

marlett 01

 LE PEINTRE DES MATERNITES

A la fin de l’exposition, au mois de décembre, elle part avec sa mère pour le cap d’ANTIBES où elle loue la villa la  CIGARONNE, d’où elle a une vue sur la baie de ST. JUAN-les-PAINS. Elle est très agacée par le nombre d’Américains qui viennent alors  peindre des paysages au bord de la Méditerranée, trouve cette manie ridicule et estime que, devant un tel paysage, seul un grand artiste peut se tirer d  affaire sans être ridicule. Elle aime la lumière et la couleur de ce pays ou elle peint un des plus étonnants  tableaux, une mère et un enfant dans une barque que fait avancer à la rame, de dos, un homme en noir, coiffé d’un béret. C’est une œuvre qu’elle gardera longtemps auprès d’elle et dont elle ne se défera que lorsque, déçue par le peu d’intérêt que montrent pour son travail ses éventuels héritiers,  elle liquidera une bonne part de sa collection personnelle. Il y a pour elle, ainsi que le souligne sa biographe NANCY MOWL MATHEWS, un rare effet de composition mêlant son goût ancien pour les scènes de genre et le thème de la mère et l’enfant.

A son retour à Paris, alors qu’elle passe de moins en moins de temps dans la capitale, elle se voit privée de Bachivilliers que son propriétaire a décidé d’habiter. Elle achète alors  une autre prestigieuse demeure, le château de BEAUFRESNE, au MESNIL-THERIBUS, un bâtiment de pierres et de briques qui date pour la majeur partie du XIX e siècle. Elle y fait faire d’importants aménagements pour en améliorer le confort et elle est impatiente de pouvoir s’y installer pour préparer la grande exposition qu‘elle doit avoir enfin à New-York, chez Durand-Ruel, avec surtout des toiles liées au grand mural et des maternités. Alors qu’elle est en plein travaille, elle doit s’occuper de sa mère, de plus en plus malade (ce qui l’empêche de se rendre aux Etats-Unis pour y accompagner ses tableaux), et elle est très affectée de la mort de Berthe Morisot.

L’exposition, qui remporte un grand succès, autant auprès des critiques et acheteurs, suffit presque à payer son nouveau château, dans lequel elle passe des journées entières à graver et a imprimer ses plaques dans le but de réaliser une série d’estampes en couleurs, mais elle est obligée de tempérer son ardeur parce que sa mère est mourante. C’est la troisième personne de sa famille, de ceux avec lesquels elle s’est installée à Paris, qui la quitte. Heureusement, Louisine très présente, la soutient dans cette épreuve. Katherine Cassatt meurt en octobre 1895, à Beaufresne et Mary n’a plus auprès  d’elle que la fidèle MATHILDE VALLET, qui est maintenant une véritable amie. Elle a cinquante et un ans et peint un très beau tableau de la cadette de ses neveux et nièces, ELLEN MARY, celle qui porte son prénom, la fille de Gardner et Jenny – l’enfant dans un grand manteau blanc, coiffé d’un chapeau, emplissant un tableau très fort, remarquablement construit. Son frère et sa belle-sœur sont en Europe pour deux ans et leur présence atténue la douleur du deuil. Elle peint aussi Louisine et sa fille.

Le 4 janvier 1898, Mary Cassat arrive à New York, terriblement malade parce qu’elle ne supporte absolument pas de mettre le pied sur un bateau. Elle revoie enfin Philadelphie, la ville de sa jeunesse, qu’elle a quittée près d’une vingtaine d’années auparavant et qui lui paraît très changée. Elle retrouve ses deux frères et leur famille et, comme elle a envoyé deux œuvres à l’exposition annuelle de l’Académie de Pennsylvanie, elle a l’occasion de se rendre compte que l’impressionnisme qu’elle y représente  y est encore incompris. De Philadelphie, accompagnée par, Mathilde Vallet et son éternel griffon belge, elle part pour New-York, où l’attendent les Havemeyer. De là, elle va à BOSTON, où elle a des relations et une autre commande lui échoie, grâce à John Singer Sargent qui a conseillé à des parents désireux de faire faire le portrait de leurs enfants de s’adresser à elle. Ce voyage là mène ensuite dans le CONNECTICUT, où l’attendent d’autres amateurs.

En 1900, Mary Cassatt un peintre célèbre, dont la participation au mouvement impressionniste est désormais reconnue comme un titre de gloire et qui est d’autant plus appréciée qu’elle ne s’est pas laissé glisser sur la pente du modernisme. On lui demande de plus en plus de mères et d’enfants, un sujet auquel elle ne cesse de s’appliquer afin de le renouveler, toujours affirmant sa technique et donnant une grande importance aux vêtements dont sont parés ses modèles. Alec, qui vient de faire un brillant retour au PENNVYLVANIA RAILROAD comme président, vient à Paris, à l’occasion de l’exposition internationale, accompagné bien sûr de Loïs. Gardner et Jenny font de même, mais curieusement, elle n’est représentée dans aucune section artistique, ni du côté américain ni du côté français et l’on peut croire que c’est elle qui a refusé d’y participer.
Durand-Ruel a toujours l’exclusivité de ses derniers travaux mais d’autres marchands de tableaux s’intéressent à elle, notamment la galerie BERHEIM, qui achète des œuvres revenues sur le marché. L’hiver, elle est à Paris ; l’été, dans son château de Beaufresne.

Au printemps 1901, Mary rejoint Louisine Havemeyer, tout juste  arrivée à GENE, avec son mari pour acheter en ITALIE  des œuvres de grands maîtres qui, encore dans des collections privées, ne seraient pas hors de prix. Mary sera pour eux l’expert à l’œil infaillible. Ce tour d’Italie les fait descendre jusqu’en SICILE, passant par ROME MILAN BERGAME FLORENCE, visitant les musées, furetant chez les antiquaires, s’introduisant chez des particuliers qui possèdent quelques trésors.
A Florence, comble de bonheur pour ces amateurs d’art, ils trouvent un VERONESE, un portrait de sa femme, qui séduit tellement Mary elle l’achèterait elle-même si ses amis n’en voulait pas. A dire vrai, on leur présente surtout beaucoup de faux, de copies ou d’œuvres d’atelier qui ne sont pas entièrement de la main du Maître et leur passion quelque fois les aveugle, qui les fait emporter comme chef d’œuvre des tableaux discutables. Après l’Italie, ils se rendent en ESPAGNE, où ils tombent tous trois en admiration devant LE GRECO, dont les Havemeyer achètent quelques œuvres.

Après ce voyage, qui a duré deux mois, Mary continue à s’occuper de la collection des Havemeyer et pour cela elle dispose, de fonds particuliers. Cassatt , qui ne se contente pas de donner des conseils, constitue pour elle-même une collection d’estampes japonaises, miniatures PERSANES, des bijoux divers, objets décoratifs de différents  périodes, avec quelques œuvres de Maîtres tels  un petit relief de DONATELLO, une peinture de  SIMON VOUET et surtout des œuvres des impressionnistes, DEGAS MONET MORISOT CEZANNE PISSARRO…..Avoir étudié de près tant d’œuvres remarquables lui donne un nouvel élan pour se remettre au travail. Impressionnée  surtout par l’assurance dont fait toujours preuve Goya. Huiles et pastels continuent de célébrer la figure de la mère, à laquelle elle adjoint maintenant deux enfants, ainsi complexifiant ses compositions. Difficile alors de ne pas penser aux innombrables tableaux représentant la Vierge Marie, l’enfant Jésus et le petit Jean.

Elle peut contempler la collection qu’elle a aidés à constituer et elle les conseille encore pour acquérir d’autres œuvres impressionnistes qui sont alors en vente dans la grande cité de l’Est américain. Elle retrouve aussi des artistes qu’elle a connus à Paris, tel le sculpteur FREDERICK MACMONNIES (le mari de sa rivale de l’exposition de Chicago). Le 28 février, s’ouvre chez Durand-Ruel l’exposition des gravures en couleurs qu’elle a apportées avec elle de Paris et qui remportent un grand succès, ce qui lui permet d’obtenir une commande de deux portraits au pastel par un important collectionneur.

En 1904, une de ses peinture, «la CARESSE », exposée à l’exposition annuelle des  beaux-arts de Pennsylvanie, lui vaut de recevoir un prix prestigieux aux Etats-Unis. Elle a vêtu le modèle qu’elle a fait poser pour la mère d’une robe de velours qui accentue l’illusion à la grande peinture religieuse, façon TITIEN et VERONESE. Le même tableau,  exposé ensuite à Chicago, obtient un autre prix (elle demande qu’on verse le montant à un de ses jeunes  confrères,  ALAN PHILDRICK, qui en a plus besoin qu’elle), et elle peut alors se féliciter d’être pleinement reconnue dans ce pays qu’elle a quitté depuis  longtemps mais où il lui importe de triompher.

LE PETIT DEJEUNER AU LIT, celui que prennent une mère et un enfant très bouclé, est exposé dans la galerie New Yorkaise de Durand-Ruel, où il est désigné par l’importante revue d’avant garde CAMERA WORK, comme un exemple pertinent d’art moderne.

L’Académie de Pennsylvanie lui demande même de faire partie de son prochain jury, mais elle, qui avec les impressionnistes s’est opposée au salon, ne veut pas être amenée à juger de jeunes artistes et elle déclare que seule doit régner une entière liberté. De retour à Paris, elle concrétise autrement ses liens avec les Etats-Unis en créant une bourse permettant à deux jeunes artistes américaines de séjourner pendant un an à ST QUENTIN pour y étudier les œuvres du maître du pastel, MAURICE QUENTIN LA TOUR.  Elle devient aussi présidente honoraire de l’ARTS LEAGUE, l’association qui vient en aide aux étudiants américains.

Nombreux, d’ailleurs, sont les jeunes compatriotes, pleins d’admiration, qui viennent la voir et qu’elle accueille aimablement. Quand ANNA THORNE arrive au MESNIL-THERIBUS, elle ne connaît pas son adresse et demande simplement où habite la célèbre femme peintre, ce qui suffit, biens sûr, pour être mise sur le chemin du Château de Beaufresne où l’accueille Mathilde Vallet. Celle-ci l’introduit auprès d’une Mary Cassatt très digne, trônant majestueusement, fière, austère, une coiffe brodée posée sur sa chevelure blanche- et cette artiste qu’elle révère et à laquelle elle offre un bouquet de violettes commence par lui dire, sans sourire, qu’elle m’aime pas les Américains ! Elle l’invite tout de même à s’asseoir et à converser, regarde avec attention un carnet de croquis que la jeune visiteuse lui soumet et fini par  lui dire, d’une manière peu encourageante, qu’il faut beaucoup de temps pour devenir une artiste…..
marlett 01 

CHEVALIER DE LA LEGION D’HONNEUR

En 1904, elle continue de travailler, le matin surtout, avant d’aller se reposer dans son jardin de roses ou de faire un tour dans l’automobile qu’elle vient d’acheter. Elle lit beaucoup, ainsi qu’elle l’a toujours fait, avec une affection particulière pour HENRY JAMES et JANE AUSTEN. A Paris elle continue de voir de temps à autre Degas, dont elle s’est éloignée au moment de l’affaire DREYFUS, ainsi que les critiques TEODORE DURET et  ROGER MARX, et le marchand collectionneur et éditeur MICHEL MANZI , ami de Degas et défenseur de TOULOUSE-LAUTREC . Coté d’américains de France, ses amis sont WILLIAM SLOANE et LILLA CABOT PERRY, qui a ses habitudes à GIVERNY, d’où elle lui porte des nouvelles de Monet. La mort de Pissarro, en 1903, celle d’Alec en 1906, puis celle de Harry Havemeyer l’année suivante la touche, bien sûr, beaucoup cette vieille dame pour qui l’amitié de Mathilde Vallet (qui se lie aussi avec ses propres amis)  est de plus en plus importante et qui s’intéresse de près au mouvement spiritualiste alors en vogue à Paris, jusqu à  assister à des séances de spiritisme.

En 1906, elle est furieuse, à juste titre, de ne pas être représentée dans l’exposition d’impressionnistes organisée par Durand-Ruel à Londres. Aussi rompt-elle le contrat d’exclusivité qui la liait au marchand. Elle reçoit alors AMBROISE VOLLARD à Beaufresne et, en 1908, elle expose chez lui aussi bien que chez Durand-Ruel. Cette même année, elle va voir une exposition d’un peintre qui paraît alors à l’avant garde, HENRI MATISSE, dont le fauvisme a fait exploser les couleurs de l’impressionnisme. Elle n’aime pas, ne comprend pas cette peinture excessive, de même qu’elle est choquée par ce qu’elle voit sur les murs de GERTRUDE  et  LEO STEIN, ces admirateurs de Picasso.

 L’anarchie, selon elle, s’empare malheureusement des arts et pense qu’il n’y a qu’une crise passagère. Cette même année, elle fait un voyage aux Etats-Unis, peu de temps après avoir reçu la visite de Louisine Havemeyer et sa fille. Elle tient  à être auprès de son amie au moment de l’anniversaire de la mort d’Harry, mais elle ne reste qu’un mois en Amérique, où elle fait aussi un bref séjour auprès de son second  frère, Gardner.

En décembre 1910, Mary cassat, son frère, sa belle-sœur et ses deux neveux partent pour  CONSTANTINOPLE, d’où ils rejoignent l’EGYPTE où ils ont l’intention de passer deux mois dans une felouque luxueuse sur le Nil. C’est un beau projet, mais tout se passe assez mal : à peine ils sont-ils depuis une semaine que Gardner tombe malade. Il faut patienter à LOUQSOR en consultant des médecins qui ne le  remette qu’à moitié sur pied. Mary, elle, peu encline au tourisme, peu habituée à être cantonnée, désarmée d’être privée de Mathilde Vallet, s’ennuie et ne parvient  guère à travailler en raison de la chaleur.

Si le musée du CAIRE l’a enthousiasmée, elle trouve que  les trésors de la vallée du NIL relèvent plus de l’archéologie que de l’art, ou bien que c’est un art trop masculin. La santé de Gardner est tellement peu brillante qu’il meurt à son arrivée à Paris, à l’hôtel GRILLON. Elle-même qui a maigri d’une dizaine de kilos, est fatiguée et il lui arrive de s’évanouir. Il lui faut désormais accepter d’être  vieille, malade, atteinte de diabète, dormant mal, facilement déprimée. C’est dans cet état impressionnant que la trouve Louisine, venu la voir, en 1911. Mary reprend tout de même des forces et retourne à Beaufresne. Elle a même un courtisant, en la personne d’un banquier américain à la retraite, amateur d’art, séparé de sa femme, qu’elle retrouve à CANNES, mais dont elle refuse une proposition de mariage.

La célébrité, c’est aussi un écrivain qui vient la voir à Beaufresne, pour écrire un livre sur elle. Elle se prête au jeu des entretiens qu’avec une certaine réserve, mais celui qui sera son premier biographe la trouve fragile, quoique l’œil vif, et il remarque qu’elle sourit dès qu’elle parle d’art. Vite fatiguée, elle lui parle peu et ne se confie guère à cet homme qui publiera bientôt MARY CASSATT, UN PEINTRE, DES ENFANTS ET DES MERES. Trop faible, elle ne travaille quasiment plus, loue pendant l’hiver 1912-1913, à Grasse, la villa ANGELETTO, d’où elle a une belle vue sur la Méditerranée, voit RENOIR, qui est à Cagne, dont elle n’aime pas les derniers tableaux, mais pour qui elle a encore la même amitié que trente ans plutôt. La bonne humeur du vieillard malade que rien n’éloigne de la peinture lui redonne la force de travailler quand elle est de retour à Beaufresne : à Durand-Ruel venu la voir au mois de juillet, elle montre un pastel qu’elle vient d’achever.

Bientôt elle en aura sept, les premiers depuis 1910. Elle travaille trop, disent les médecins (c’est aussi qu’il lui faut avoir des œuvres à vendre pour tenir son train de vie), mais elle se sent beaucoup mieux et retourne à la villa  Angeletto, oùla rejoint Louisine, désormais très active dans le combat que mènent quelques femmes américaines pour obtenir le droit de vote. Elle-même, qui n’aime pas qu’on dise d’elle avec condescendance qu’elle est artiste-femme, se sent solidaire de cette lutte et même se brouille un peu avec sa belle-sœur Jenny, qui, elle, estime que les femmes n’ont aucunement besoin de se rendre aux urnes. Elle revient du midi avec quelques autres pastels et participe chez Durand-Ruel à une nouvelle exposition des impressionnistes.

Quand la guerre éclate, l’offensive allemande ne lui fait pas quitter Beaufresne, où elle se sent à l’abri, mais Mathilde Vallet qui est alsacienne, doit la quitter pour se rendre en Italie. Elles se retrouvent pendant l’hiver, quand Mary est de nouveau à la villa Angeletto, mais Mathilde partira  bientôt pour la SUISSE.

Mary, elle, subit des opérations successives de la cataracte (pendant plusieurs années), revient à Grasse, où elle fait l’infirmière pour les blessés de guerre, retourne à Paris et, à soixante-douze ans monte les escaliers qui la conduisent chez le critique Théodore Duret pour admirer un tableau de Courbet. En 1917,  elle se rend aux funérailles de Degas, abandonne Beaufresne en 1918, quand l’avancée allemande se fait trop menaçante et n’y revient qu’après la bataille de la MARNE. En août 1917, Jenny vient la voir, juste au moment où l’Américaine obtienne le droit de vote, et la chère Mathilde revient de son exil suisse pour reprendre sa place auprès d’elle, se charger de l’intendance et l’entourer de son affection.

C’est elle qui désormais s’occupe du courrier et des relations avec les marchands et les  collectionneurs. Quand l’année suivante, Louisine de nouveau vient la voir, c’est une véritable amitié à trois qui unit ces femmes à Beaufresne.En 1921, une importante exposition de ses gravures a lieu à New York et, 1923, Durand-Ruel monte une rétrospective de ses œuvres dans sa galerie américaine. En 1924, quasiment aveugle, elle renonce définitivement à ses voyages à Cannes. En janvier 1926, après avoir été victime d’un coma diabétique, elle tient à se rendre à Beaufresne pour voir ses roses une dernière fois.

Elle y meurt le 14 juin 1926 et elle est enterrée au cimetière du Mesnil Théribus.

tombe MCMaher édité le 26 06 2016

 

 

 

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Flash info

Des pionnières aux coté des Impressionnistes

CB1flash info 1Maher édité le 19 06 2016
amicalement 0

Publié dans Infos | Laisser un commentaire

Mary Cassatt Impressionniste

flèche

Mary Cassatt dans l’impressionnisme
Sans titre 1
  Introduction

Mary Cassatt américaine née en 1844 est une femme libre, dans ses choix ses idées qu’elle assume avec dignité.
Elle vient étudier en France, voyage en Italie, Espagne, Hollande où elle visite les musées pour apprendre les grands maîtres. Botticelli, le Caravage, le Gréco, Franck Hall etc…..
La France en pleine évolution artistique l’attire et elle décide de s’y installer. Le Louvre lui offre la possibilité d’être copiste et ainsi vendre son travail.
Elle décède en 1926 dans son manoir de Beaufresne proche de Paris et repose au cimetière de Mesnil-Théribus avec une partie de sa famille. Sur le mur du cimetière, une plaque a été posée par l’association Miss Cassatt au Mesnil (elle a été retirée. Pourquoi??), elle vous indiquait qu’en ce lieu repose Mary Cassatt . Dans le village, Madame Boudry (hélas décédée), petite fille de Reine Lefebvre (modèle préférée de Mary Cassatt).

                           Quelques mots sur l’Impressionnisme

C’est un courant qui nait dans une France en mouvement : Facilité des voyages par la modernisation des transports : train, automobile. Modernisation des maisons : Électricité, eau courante et téléphone. Cela fera des sujets pour leurs tableaux. Les impressionnistes, groupe d’artistes venant de tous les milieux racontent leur époque

                                            Naissance de l’impressionnisme

soleil lelvalnt                   Claude Monet, Impression. Soleil levant Musée Marmottant, Paris

Origine du terme :
Tableau présenté par Monet à l’exposition de 1874. A partir de son titre, Louis Leroy, critique d’art, à créé le terme IMPRESSIONISME

première expo

 

C’est au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, qu’un groupe de jeunes artistes décide de peindre la réalité en dehors des règles traditionnelles de l’art officiel. Ce courant, appelé plus tard Impressionnisme, s’attache à rendre purement et simplement l’impression telle qu’elle a été dans l’instant et d’observer la réalité. Elle est le résultat d’une évolution lente qui conjugue plusieurs influences tant françaises qu’étrangères et qui hérite de l’expérience de grands maîtres. Le groupe se constitue en plusieurs étapes vers la fin des années 1850 et le début des années 1860. Plusieurs lieux vont permettre à ces artistes aux conceptions et à la personnalité différentes de se rencontrer et d’élaborer leur nouvelle manière de peindre Ces peintres qui s’appelleront, selon le contexte et les années, “Indépendants”, Intransigeants” ou “Groupe des Batignolles”, puis “Impressionistes”, vont mener un combat, commencé par Manet en 1860.

Techniques

L’impressionnisme est à la fois une manière de voir et une technique. Les impressionnistes s’efforcent de traduire sur leurs toiles l’effet produit par les choses sur le sens de la vue. Autrement dit, le peintre s’attache exclusivement à ce qu’il voit, en faisant abstraction de ce qu’il sait . Et comme la vision des choses est en grande partie déterminée par la lumière et ses variations, c’est elle qui devient le ” personnage principal du tableau “, pour parler comme Manet. (Relevé sur le net)

 

portrait McPropriété Maher

Mary Cassatt un peintre impressionniste,

Américaine, bien vite elle se mêle aux impressionnistes. En intégrant ce courant, elle ne choisi pas un chemin facile. Pourtant elle en devient rapidement une figure importante avec son amie Berthe Morisot.
Mary Cassatt artiste accomplie est d’une famille aisée de Philadelphie, célibataire, elle a une existence bien remplie. A Paris puis Mesnil-Théribus elle fait un travail impressionnant. Elle décrit remarquablement l’espace privé et intime que constitue son foyer.
Les femmes artistes mariées ( Berthe Morisot, Eva Conzalès, Marie Braquemont) doivent concilier vie de famille et carrière. Mary Cassatt y échappe en choisissant le célibat, elle se fait connaître dans la haute société, elle en impose par son énergie et l’excentricité de ses opinions qu’elle prend garde de contenir dans la limite de la respectabilité. Indépendante, financièrement à l’aise elle choisi son intérieur, ses rituels sociaux comme sujet de travail, plus que tout autre impressionniste.

Scènes de salon

Mary Cassatt chez elle recevant une amie Théodate Pope Riddle photo Farmington connecticut

 MC recevant

Ses portraits de femmes en conversation ou prenant le thé, souvent des amies ou membres de sa famille. voir : le thé, huile1879/80 , Lydia et sa mère brodant, gravure 1882, sont ses sujets de prédilection. Mary Cassatt reçoit beaucoup, elle trouve cela distrayant mais elle refuse les visites qui l’empêchent de travailler, elle veut peindre huit heures par jour.

Scène d’intimité, la vie de tous les jours,

Me Cassatt mère

Signe d’évolution, Mary Cassatt peint sa mère qui se détend dans un fauteuil lisant le journal, le figaro huile 1877/78  ; Avant elle aurait représenté sa mère lisant un roman les journaux étant réservés aux hommes (représentée).
Elle peint sa sœur Lydia, faisant une broderie distraction bourgeoise qui n’a rien à voir avec le tableau «  jeune fille cousant » de Pissarro qui reprise une chaussette

Scène famille avec enfant

Alex et son fils

Signe aussi de l’évolution des temps l’éducation est en mutation. Dans les familles aisées, il y avait toujours des nurses, maintenant les enfants font partie du cercle familial à part entière. Mary Cassatt célibataire n’a pas d’enfant mais elle avait un grand attrait pour l’amour familial, elle adorait les enfants « Ils sont tellement sincères et naturels » disait elle. Fine observatrice, elle sut éviter le piège sentimental et n’a pas idéalisé la maternité. Douée d’une grande sincérité Mary Cassatt restitue à merveille la tendresse Parent/enfant. Alexender J . Cassatt et son fils Robert Kelso Cassatt huile 1884/85 (représentée)

Dans le portrait d’une fillette dans un fauteuil bleu ( huile 1878) la pose de la fillette n’est pas habituelle, elle semble s’ennuyer, la fillette est allongée jambes écartées, elle regarde un petit chien. Cette position considérée comme vulgaire a choqué l’opinion.
Dans mère coiffant son enfant huile vers 1898, Mary Cassatt nous montre une scène intime entre la mère et son enfant. La fillette appuyée sur les genoux de sa mère attend patiemment que sa maman termine de la coiffer, le reflet dans la glace nous montre toute l’attention de la mère .

Scène de toilette

jeune fille secoiffant

Lorsque Mary Cassatt achète son manoir de Beaufresne, elle veut lui donner tout le confort auquel elle était habituée en Amérique. Les scènes de toilette nous montrent un espace exclusivement féminin, intime et douillet. Dans mère et enfant à la toilette nous voyons une mère lavant son enfant (huile 1893) la scène décrit les gestes tendres d’une mère et l’attention de l’enfant. Leurs visages unis par le regard.
La toilette gravure 1890/91, fortement influencé par l’art japonais retrace les geste quotidien sans voyeurisme. Degas l’admire « Ce dos,…. quel dos  », puis dans l’étude jeune femme arrangeant ses cheveux huile 1885/86 ( représentée) nous montre une jeune fille au visage ingrat à sa toilette, ce tableau fascina Degas « quelle facture ! Quel Style », il lui échangea contre une de ses œuvres et le garda toute sa vie. Dans ces représentations de toilette Mary Cassatt ne représente jamais de nus sauf des enfants.

Conclusion

Mary Cassatt fut très présente dans le mouvement impressionniste en tant qu’artiste et mécène. C’est par l’impressionnisme qu’elle se fait connaître, néanmoins sans jamais être influencée dans ses choix, elle continue de progresser et s’échappe du courant impressionniste. Elle ouvre la porte aux Fauvisme. Voilà pourquoi, Mary Cassatt se trouve classée ”Peintre Impressionniste” Mais ses gravures merveilleusement japonisantes sont également une partie importante de son œuvre.
Mary Cassatt n’a cessé de chercher ……..le mieux…….le beau. Seule la cécité l’a vaincu

  1. Mes sources : Livre Dans l’intimité des impressionnistes , Pamela Todd Edition de la Martinièren 14Edité le 26 05 2016
Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Hommage de l’Amérique

Bâtiment des beaux-Arts MILLIKAN

Le 24 avril 2004, une statue de l’artiste américaine Mary Cassatt a été dévoilée au Bâtiment  des Beaux-arts Milliken. La statue, qui a été sculptée par Richard Miller, est la première dans une série de cinq travaux figuratifs dépeignant des femmes en vue dans l’histoire américaine qui sera montrée de manière permanente autour du campus.

 

grunge-banner-ii-1170415On considère que Mary Cassatt (1844-1926) est un des artistes américains les plus importants de son temps. Né à Pittsburgh, Pennsylvanie, elle s’est installée à Paris, France en 1866. C’est le seul Américain qui a exposé avec les impressionnistes français, on lui a attribué la Légion d’honneur française en 1904. Elle a aussi eu une contribution importante dans l’histoire de la gravure avec une technique innovatrice qui a combiné la gravure et la couleur. Aussi progressif dans la politique, Mary Cassatt était un avocat fort pour l’émancipation de femmes.

statue mc 2

 

Maher, publié le 11 05 2016

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Mary cassatt sur le Web…….

babdeau 1
Montage Maher

Il se trouve sur le Web des articles que l’on aurait aimé écrire. Des nouvelles qui nous semblent intéressantes. Trouver les propriétaires n’est pas toujours facile. Pourquoi les oublier ?
Sur simple demande des auteurs, nous les retirerons
N°1- Sur Web le 01 11 2015,  Mary Cassatt  racontée par Dominique Boucher
Relevé dans le Zigom’Art, le 06 juin 2006. Classé dans les rencontrades.
   
femme en ombre

    Cet article, trouvé par hasard sur le web, m’a beaucoup plu dans la tournure des phrases et surtout l’imagination de l’auteur. 

Montage maherMontage Maher

Entretien imaginaire de Dominique Boucher  et Mary Cassatt

Difficile d’imaginer que ces yeux désormais éteints ont été libres et originaux dans leur regard porté sur l’univers intimiste  et bourgeois de ces trente-cinq dernières années. Enfouie dans un vieux voltaire d’acajou, la vieille demoiselle patientait que je vinsse à la rencontre de cette main qu’elle tendait au son de mes pas, fragile, presque tremblante.
Je m’étais servi de l’entremise de Degas pour obtenir ce rendez-vous au Château de Beaufrêne…
Ma découverte de la peinture d’Edgar Hilaire Germain Degas remontait à 1874, lors de la première exposition des impressionnistes à la Galerie Durand-Ruel, à laquelle il participait. Mais ce ne fut que six ans plus tard que je fis l’acquisition de deux de ses œuvres : dessins sur papier rose, l’un représentant une ballerine vue de dos, l’autre une autre rattachant son soulier. Quelques années plus tard, au cours d’une conversation et d’une manière plutôt fortuite, il m’entretint du travail de Mary Cassatt, la seule artiste américaine de l’école impressionniste, qui avait été son élève (?), et qu’il avait encouragé dès 74 à exposer au Salon de Paris.
Quoi que fût son enthousiasme, j’en restais là.
En 1893, à l’invitation de Durand-Ruel, je faillis tomber en pâmoison devant une œuvre intitulée : « La toilette ». Malgré mon insistance, le marchand fut bien en peine de me présenter l’artiste… quelque imprévu l’ayant éloignée de la galerie jusqu’au lendemain, et j’avais le soir même à prendre un train pour Londres.
Un mois plus tard, de mon retour d’Outre-manche, j’avais encore dans le cœur la vision charmante du tableau de Mary Cassatt, son auteur.
La taille ceinte d’un linge blanc, une fillette est assise sur les genoux d’une femme emmitouflée du cou aux pieds dans une longue robe à larges rayures. Les pieds de l’enfant trempent dans une bassine d’eau. Au premier plan, un broc en faïence…
Rien dans le sujet qui eût de quoi révolutionner la peinture de notre fin de XIXe siècle, non… Ce qui m’avait bel et bien troublé, c’était la force de la relation entre les deux êtres de cette composition. Mère ou gouvernante peu m’importait, la femme montre une infinie douceur à l’attention de l’enfant, et l’enfant une confiance apaisante dans cette femme. Un jeu de mains au travers duquel passe l’éventail des sentiments révélés : une main douce et câline qui apprivoise au contact de l’eau un peton ; une menotte qui grattouille un genou, marque d’une certaine méfiance à l’égard de l’eau ; une autre main qui enlace les petites hanches, rassurante, protectrice, avec une douce fermeté ; une autre menotte qui prend appui sur un genou, à peine contractée, mais prête au moindre doute à s’agripper.
Ce tête-à-tête parlant : l’enfant concentré sur les paroles caressantes de la femme, l’enfant taisant et calmant sa crainte à la mélodie d’un murmure ; la caresse, la chaleur du front adulte sur l’oreille enfantine, amenuisant la froideur de l’eau. Ces regards enfin : l’un crispé, l’autre attentif, convergeant vers la menace liquide.
L’été 1895, je montais sur l’enchère de mon voisin de chaise et emportais dans mon hôtel particulier « La toilette ». J’aurais mis jusqu’à ma dernière chemise. Mais des années durant je dus poursuivre de mes assiduités tous les salons et toutes les galeries où exposait Mary Cassatt, à seule fin de la rencontrer, lui exprimer tout mon bonheur. Sans doute aucun, un mauvais génie s’ingéniait à m’empêcher de l’approcher.
Il suffisait que j’entrasse par une porte pour qu’elle sortît par une autre ; que je débarquasse de quelque quai pour qu’elle en empruntât quel qu’autre ; que je lui envoyasse un câblogramme annonçant mon arrivée pour que j’en reçusse un m’avertissant d’un contretemps : une mauvaise fièvre, un lointain parent parti de la grippe espagnole, un couple d’amis s’installant à l’improviste… Bref ! J’en étais venu à m’interroger sur la raison qui poussait l’artiste à m’éviter. À l’occasion d’un périple en Baie de somme, j’avais fait une halte à Saint-Valéry-sur-Somme, où je rendais visite à Degas, déjà atteint physiquement et terriblement seul. Lui expliquant mon vœu le plus cher, il avait accepté de dépêcher un courrier au Château de Beaufrêne, intercédant en ma faveur et suppliant sa vieille amie de me recevoir.
La prière du vieux peintre avait été entendue…
… Je baisais délicatement la main tendue. Mais plus que le vide des yeux qui m’avait saisi dès mon entrée dans ce petit salon trempant dans l’obscurité, la froideur des doigts que je frôlais m’emplit de désolation : la mort, à pas de loup, approchait. Cette main qui avait tenu ferme le pinceau, des années et des années, ces yeux qui avaient été le prisme par lequel l’artiste nous avait transmis sa passion pour l’harmonie des couleurs et de la lumière, pour les femmes et leurs enfants, étaient déjà exsangues. Pourquoi les démons jouaient de si vilains tours aux âmes méritantes ? Mary Cassatt me fit asseoir à ses côtés, comme si elle eût craint que face à elle je ne me perdisse dans sa propre nuit. Malgré sa cécité, malgré la faiblesse de sa voix, et bien que recroquevillée sur elle-même, elle savait encore captiver le rare visiteur.
« Ainsi vous êtes parvenus à vos fins. Si ce n’avait été par amitié envers ce pauvre Edgar, vous ne seriez pas là. J’ai appris, pour sa vue. Serait-ce notre lot à tous ? Quel mal avons-nous fait pour mériter une si terrible punition ?- Sans doute quelque dieu jaloux, ne pouvant se faire à l’idée de ne voir ce que vous-même voyez…
– Je n’ai pas été sa rivale. Ne l’a-t-il pas compris ? Les dieux créent, jugent… Je n’ai fait que proposer des amendements à cette création divine, j’ai tenté de la dépouiller de son orgueil pour la revêtir d’humanité, peut-être d’humilité. Était-ce un si grand crime ? »
Quels mots eussent été un baume sur les plaies de ce cœur dévoré par le doute ? Comment faire comprendre à Mary Cassatt que ses yeux s’étaient usés sur la toile, travaillant sans relâche, jour et nuit, fouillant la couleur à la pâle lueur des chandelles, et qu’ils ne tiraient leur mal d’aucune faute de son esprit ? Nous avions, nous aurions éternellement besoin de la vision de ces peintres qui, mettant à nu leur âme, cultivent et élèvent notre pensée. Il fallait bien ne point se satisfaire de ce monde tangible, mais quel prix à payer pour ceux qui nous en manifestaient les arcanes ?
« Non, Madame, point de crime. Mais un grand bonheur, que quelques-uns vous doivent. Je suis de ceux-là.
– Je vous ai procuré du bonheur, moi ?
– Il n’y a pas un jour où je ne vous en suis reconnaissant.
– Et qu’ai-je fait de si particulier pour que vous me deviez tant ?- Une œuvre remarquable. Que je me suis autorisé à acquérir. Le tableau me suit partout, y compris dans mes voyages les plus longs.
– Et quel est-il- « La toilette »… Vous souvenez-vous de cette peinture ?
– Ah ! Celle-là… Naturellement je m’en souviens. Il ne me reste que cette faculté : le souvenir.
– Question idiote, pardonnez-moi. Cependant, vous n’en semblez guère satisfaite…
– Si vous êtes venu pour me parler de mon travail passé, je crains que vous n’ayez fait une longue route pour rien.
– Merci… Je désirais vous remercier d’avoir eu le génie de cette œuvre… Uniquement vous remercier…
– N’êtes-vous pas un drôle de bonhomme ? Vous avez acheté un tableau, et vous voulez encore en remercier l’auteur ?
– Que pourrais-je faire de mieux…? »
Un silence se fit entendre. Je vis la main de Mary Cassatt chercher mon bras, s’y posa après une hésitation.
« Ne cherchez plus mon bon Monsieur… Ne cherchez plus… Aujourd’hui, je reçois bien plus que cette médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur dont on m’honora naguère. Votre visite est la plus belle des récompenses… »
Je quittais le parc du château, l’humeur mitigée. L’ivresse d’être parvenue au terme de ma quête, la tristesse de savoir que Mary Cassatt ne peindrait plus jamais. Il était vers les quatre heures. Un clocher voisin fit entendre un sinistre tocsin. Nous étions le 1er août 1914.
Le lendemain matin, dans le train qui me ramenait vers Paris, chaque compartiment débordait des hommes répondant à la mobilisation générale. Trois jours plus tard, la fleur au fusil, ils monteraient au front.
Chahuté par le tangage du wagon sur les rails, remué par les chants de guerre repris en chœur des quatre coins du long convoi, je me disais qu’au moins Mary Cassatt ne verrait pas l’horreur qui attendait les peuples de la vieille Europe.
Cet article a été publié le Mardi 6 juin 2006 à 21:36 et classé dans Rencontrades.
Je lis et relis cet article, touchée par le sentiment d’affection dont l’auteur entoure Mary Cassatt.
C’est un conte mais si bien raconté……..  tache

Edité Maher le…01 11 2015

a suivre

image 1

image 2  Susan Stamberg, mis sur le Web le 23 Sept. 2014

Maintenant c’est un Artefact : Voir les pastels de Mary Cassatt à la Galerie Nationale d’Art, Washington,
Etats-Unis.image 3Image appartenant à la Galerie d’Arts Washington, USA

Ces boîtes de pastels appartenant à l’origine à Mary Cassatt ont été acquises récemment par la galerie d’Art Washington, USA.
Bien sûr la galerie nationale fera les examens des pastels, testant pour voir de quoi ils sont faits, quels pigments ont été utilisés, comment la poudre de pigments douce a été stabilisée et comment les pastels ont été fixés au papier à dessin.

image 4

En 1920 (six ans avant son décès), Mary Cassatt a donné ces boîtes de  pastels à Electra Webb Bostwick, âgée de 10 ans, la petite-fille de son amie Louisine Havemeyer. Des années plus tard, Electra a admis qu’elle  n’a pas su ce que ce cadeau avait de spécial : «  la non compréhension de la valeur de ces pastels  a fait que j’en ai beaucoup gaspillés » dit-elle.
Imaginez, si vous pouviez voir le stylo de Beethoven celui qui lui a servi à écrire sa  5 ème Symphonie ou le burin de Michelangelo qui lui a servi à façonner son David. Une brosse, un chiffon peuvent devenir des objets précieux humanisant une œuvre d’art.
C’est avec la même fascination que maintenant les visiteurs de la Nationale Galerie d’Art de Washington, DC, peuvent voir  certains matériels que l’Impressionniste Mary Cassatt a utilisés. Par exemple : Ces  trois grandes boîtes en bois de ses  pastels préférés, achetées dans un magasin d’art  spécialisé de Paris.
Chaque boîte est remplie de bâtons trapus de pastel, certains utilisés à la moitié d’autres presqu’intactes.
« Je suis enchanté », dit le conservateur Kim Jones. C’est le genre de chose qui plait aux visiteurs.
Une femme  en visite à la galerie se penche pour inspecter les pastels, très émue quand elle réalise ce qu’elle regarde, elle s’exclame  « C’est un morceau d’histoire ».

Maintenant, ces craies appartiennent à la collection de la Galerie nationale. Les matériaux des artistes : peinture, brosses et autres artefacts sont utiles aux érudits et autres artistes qui les étudient pour leurs inspirations et leur édification. Ils seront vue jusqu’au 5 Octobre
C’est émouvant de penser que Mary Cassatt les a utilisés, ils offrent  un aperçu rare dans le processus de la manière dont l’artiste faisait ses tableaux au pastel.

image 5

Relevé sur Galerie d’Art, Washington, USA

Dans son travail de 1878/79, au Théâtre, Mary Cassatt incorpore la peinture métallique à de la gouache et du pastel.

image 6

Edité le 17 04 2016

 

 

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Un jardin Mary Cassatt

Flash 1Histoire de jardin:

Le Conseil de Paris de Mai 2015, attribua au jardin situé face au n° 55 du Boulevard de Picpus, d’une superficie de 1.255 m2 et entièrement réaménagé en 2013, le nom de l’artiste peintre & graveuse américaine MARY CASSATT, (Allegheny, le 22 mai 1844- Mesnil-Théribus le 14 juin 1926) proche des Impressionnistes

plan Jardin MC 1

Jardin Mary Cassattpalette MC finie

Collage Maher

Édité le  27/02/2016

 

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Mary Cassatt à Lyon

louise
© Maher , Louise allaitant Pastel

cassatt signature
mise à l’honneur à
OULLINS la Sarra, LYONS

portrait Mc
© Maher

mains amitié

Lors de leur dernière rencontre, Gabrielle Debauge a fait découvrir au groupe Amitiés, une figure de l’impressionnisme injustement peu connue : Mary Cassatt
Bien qu’aimant la peinture, je ne connaissais pas Mary Cassatt, peintre impressionniste, les personnes du Groupe Amitiés non plus.
Grâce à Gabrielle, nous avons beaucoup appris sur sa vie et sur son œuvre ; sa peinture de portraits, de mamans et d’enfants est très expressive et magnifique.
Raymonde pour le Groupe Amitiés.
A propos de Mary Cassatt,
Peintre, née en 1844 à Philadelphie (USA), décédée juin 1926, Le Mesnil-Théribus (Oise – France). Arrivée en Europe à 21 ans, elle se passionne pour l’Impressionnisme et se lie avec Renoir, Pissarro, Morisot et spécialement Degas. Elle excelle dans les techniques du pastel, de l’huile et de la gravure. Elle ne se mariera jamais pour garder sa liberté de peindre.
Mary Cassatt fera connaître l’Impressionnisme en Amérique et contribuera ainsi à l’essor financier de ses amis peintres. Elle est pourtant injustement oubliée.
G. Debauge
Groupe Amitiés, contact G. Debauge
Prochaine rencontre du groupe Amitiés : jeudi 10 Mars sur le thème de la Cène.
la lettre , Gravure 1891La lettre, Gravure 1891

jeune femme lisant, huile 1876

Jeune femme lisant, Huile 1876

Mère et enfant Pastel, 1897

Mère et enfant, Pastel 1897

pour site 2

Mary Cassatt est une artiste attachante qui ne laisse pas indifférent. Sous des allures distantes elle cache une grande bonté. Les gens de Mesnil-Théribus le savaient, ils vinrent nombreux à son enterrement pour lui rendre un dernier hommage.

image 10
Edité le 27/02/2016 avec l’aimable autorisation de la Paroisse protestante d’Oullins la Sarra

Publié dans association Regards vers Mary Cassatt | Laisser un commentaire

Mary Cassatt, Origine de son nom

On ne peut raconter Mary Cassatt sans parler de l’origine de son nom

image 1

Extrait d’une lettre de Mary Cassatt, elle y parle de ses racines françaises.

image 2

Ader Normann
Mardi  20 Mai 2014, Salle des ventes Favart- 3 rue Favard 75 000 Paris.
Extyrait d’une lettre de Mary Cassatt à Achille Segard
Estimation: 1 500 – 2 000 €
Vendu: 5 000€

L.A.S., Villa Angeletto, Grasse 6 avril [1913], au critique d’art Achille Segard; 4 pages in-8
Belle lettre sur sa mère et sa famille, à l’auteur de Mary Cassatt, un peintre des enfants et des mères (Ollendorff, 1913).{CR} Elle lui renvoie le livre corrigé : «je suis honteuse de ne pouvoir mieux m’exprimer, mais je ne sais pas écrire. Vous n’avez pas compris, vous ne pouviez pas savoir quel était l’éducation en Amérique à l’époque de mes parents. Je suis bien obligée de dire que l’instruction de mes nièces est très inférieure à celle de leur grand-mère. Que direz-vous quand vous saurez que ma mère a été en partie élevée par une dame, une Américaine qui était en pension chez Mme Campan avec la belle-fille de Napoléon, la mère de Napoléon 3 – et aussi avec la Maréchale Ney, et d’autres, elle a échoué à Pittsburg et a pris quelques élèves […]. Benjamin Constant l’appelait la Minerve de sa Minerve». Mais il ne faut pas parler de tout cela dans le livre. «Quand à mon père il était de descendance Hugenot. Notre nom est une corruption de Cossart – famille très nombreuse d’Hugenot. Il y a deux cent documents à Leyden sur les Cossarts, de l’Eglise Wallone»……………… “

image 3

Les familles Cossard sont très présentes en Normandie. A Franqueville Saint Pierre il y avait le Seigneur de Franqueville (Guillaume Cossard)  le château n’existe plus.
Historique : Château construit vers 1625 pour la famille Cossard . Dossier consultable Conseil général de haute Normandie, service chargé de l’inventaire. 2 rue Maladrerie Rouen 76000
Pour la petite histoire : Le cossard est un terme de patois normand pour le colza, il est toujours utilisé dans toute la Haute-Normandie.
En Normandie des rues portant le nom Cossard :
A Franqueville St Pierre une rue Thomas Cossard
A blangy sur Brel 76340 une rue Cossard etc……

Relevé dans le livre : « Rouen sous les Bourbons » (p 149)

image 4

Le collège protestant de Petit-Quevilly est supprimé. On interdit aux huguenots les professions d’épicier, (p 151) d’apothicaire, de libraire, d’imprimeur, de loueur de chevaux, ils ne peuvent plus être ni apprentis ni domestiques. On défend même aux chirurgiens et aux sages-femmes d’assister les femmes religionnaires en couches.
Après le sac du temple de Petit-Quevilly par les élèves des jésuites et la populace, les bons pères font adjurer les protestants, en vertu d’un arrêt rendu en sourdine. A la bibliothèque du prêche Ils envoient des hommes en nombre avec des paniers, Ils ont ainsi mis tout sous clé dans leur collège, avant qu’on su seulement dans Rouen que cette bibliothèque ne leurs appartenait pas.
Pour achever l’œuvre de conversion, douze compagnies de cuirassiers sont logées chez les protestants ; les échevins reçoivent l’ordre d’aller de maisons en maisons et de donner jusqu’à trente sols à qui découvrira un huguenot caché, « si l’on dépense à cela cent francs ou cinquante écus, le roi nous les fera retrouver ». Le corps du religionnaire qui mourait fidèle à sa foi était attaché sur une claie, face contre terre, traîné par les rues et carrefours, puis pendu à une potence, enfin jeté à la voirie ; parfois le peuple s’en saisissait, et le cadavre était horriblement profané.
Le Gouvernement, par une loi dérisoire, déclara que, dès l’âge de sept ans, l’enfant protestant aurait le droit d’adjurer la religion de ses parents, qu’il pourrait quitter la maison paternelle si cette maison lui déplaisait. Il se ferait payer une pension par ses pères et mères. Jamais, en aucun temps, pareille atteinte ne fut portée aux droits de la famille. Cette mesure fût elle-même dépassée, et les enfants (p 152) enlevés à leurs familles. Le gouvernement se fit « voleurs d’enfants ». Malgré les douleurs des pères, les prières, les larmes, la rage sublime des mères, les soldats emportaient dans leurs bras les pauvres créatures. Quelquefois, quand la mère rentrait à la maison, la petite couche était vide, le fils avait été enlevé par les dragons à jamais. L’Edit de Nantes fut enfin révoqué en 1685 et des lois atroces édictées contre ceux qui persévéraient dans l’hérésie.
Cette révocation eut les conséquences économiques les plus funestes. Rouen fut atteint dans sa population et dans son industrie. L’élite de ses habitants, négociants, armateurs, industriels, se réfugia à ROTTERDAM ; c’est là que se fixèrent les frères Basnage, qui ont donné leur nom à une de nos rues ainsi que les ministres Legendre et Pierre Dubosc ; une des auberges de la ville Hollandaise prit le nom d’hôtel de Rouen. Le chapelier Paul Varin y fonda une maison colossale pendant que David Mallet portait à BERLIN l’industrie de la chapellerie, et que le Cornu établissait une manufacture de drap dans le Brandebourg. A LONDRES, toute une colonie occupait le quartier de Smithfield. Avant la révocation, les fils des grandes familles, des riches négociants allaient apprendre le commerce à Londres, à Amsterdam ou dans d’autres capitales de l’Europe ; après la révocation, une permission royale fut exigée pour sortir du royaume ainsi que des cautions de retour ; enfin des capitaux immenses furent emportés par les fugitifs.

Cossard, un des premiers commerçants de Rouen réalisa toute sa fortune et partit.

image 5

Plus de cent quarante marchands l’ont imité.

De son règne, Louis XIV, roi d’un pays ruiné, empruntait à deux cent pour cent, tandis que, dans la Hollande, riche des capitaux apportée par nos compatriotes, le taux d’intérêt était descendu à trois pour cent.
Au moment de la Réforme, les Cossard de Rouen ont été divisés dans leur opinion religieuse. Ceux qui ont abandonné l’Église catholique, ainsi que leurs descendants sont restés dans la foi réformée avec le plus grand zèle et le courage jusqu’à la révocation, chaque Cossard qui appartenait à l’Eglise huguenote, à la seule exception d’Isaac Cossard, ont quitté la France et ont cherché asile dans les pays étrangers. La famille Cossard établi depuis longtemps à Rouen aurait été sans doute d’une importance suffisante, compte tenu de la richesse et l’importance qu’ils avaient, (Ce qui est fait mention dans les registres paroissiaux et les annales municipales), mais, ça n’a pas été le cas.

image 6

Vers le milieu du 16ème siècle, la région de ROUEN est très éprouvée par les guerres de religion. Des controverses doctrinales violentes mettaient aux prises dans la cité catholiques et protestants avec des répercussions dans les villages alentour. Le château de St Pierre de Franqueville est alors occupé par la famille de Guillaume COSSARD.
Passèrent-ils au protestantisme comme leurs voisins, les seigneurs de ND de FRANQUEVILLE, de BRANVILLE et Nicolas & Guillaume de BAUQUEMARE ?
On prétend que l’on doit à Guillaume COSSARD la destruction du Manoir du MOUCHEL ou résidaient une partie des moines bénédictins de l’abbaye de la Ste TRINITE du GRAND MONT (quartier GRAMMONT dont le vestige est l’église romane Ste Catherine).
L’année 1562 fut certainement l’année la plus troublée et le 29 avril tous les moines s’étaient enfuis de leur monastère du Grand Mont. En janvier, Guillaume COSSARD mourut en laissant deux fils : Guillaume et Thomas.
Ces derniers n’ont pas adhéré à l’hérésie ou leur revirement fut rapide car l’un entre dans les ordres et devint membre du chapitre et son frère Guillaume, sieur de Franqueville, en 1587 «fit peindre un très beau tableau pour son église» dont le chapitre (religieux catholique) fit finalement l’acquisition pour la Cathédrale de Rouen, moyennant la somme de 10 ou 12 écus. N’est-il pas naturel que Guillaume ayant cédé un tableau destiné à sa paroisse, ait songé à faire exécuter un retable triptyque pour embellir son église ? Il a sous la main un peintre qui vient de faire preuve de son talent et un théologien tout trouvé pour sa conception en la personne de son frère le Chanoine Thomas Cossard. (Voir les racines normandes de Mary Cassatt sur le site)

image 7

…………… Fils de Jacques Cossard (1595- 1681) et de Rachelle née Gelton : Jacques & Lydia Cossard et leurs enfants âgées de 5 ans et 18 mois ont navigué vers l’Amérique sur le PURMERLANDER kerck (Capitaine Benjamin Barentson). En laissant Leyde en Hollande ou ils sont arrivés le 14 Octobre 1662. Les passagers étaient au nombre de 90 : hommes femmes enfants chaque adultes a payé 39 florins, les enfants de 10 ans et moins ont payés moitiés prix (sauf les nourrissons). Ils se sont installés sur l’Ile de Manhattan (New-Amsterdam) pendant un certain temps ou Jacques était le receveur de la rémunération du Clergé et des soldats.
Ils se sont déplacés avec quelques amis et fondèrent le village de Bushwick (Brooklyn).
Il y a un portrait de Jacques suspendu dans la bibliothèque Astor à New York.
Jacques est né en 1639 et mourut en 1685 à Brooklyn. Jacques est appelé Cossard, Cossaris ou Cossiart. En 1667, Jacques achète une maison à New York et en 1673 il se retire dans une ferme à Long Island à Brunswick maintenant Brooklyn.

image 8L’Amérique

Jacques COSSART (1639-1681): Le patriarche de la famille américaine Cossart émigration huguenote de réf : Baird à l’Amérique V. 1, p 182-183) Jacques est né 1639 Leiden et il a été baptisé le 29 mai à l’Eglise réformée néerlandaise (Il est le fils de Jacques Cossard et de Rachelle Gelton)
Il a été marié à l’Église wallonne à Frankenthal Bavière à Lydia Villeman le 14 Août, 1656. Ils ont eu trois enfants, Léa, Rachel et Suzana. Rachel est apparemment morte à un jeune âge, Jacques a quitté Amsterdam avec sa femme et seulement deux filles, Léa et Suzana, à destination du Nouveau Monde en Octobre, 1662. La famille a été inscrite sur la liste des passagers de Purmerlander Kerk sous le nom de Jacques Cossaris le 12 ou 14 Octobre, 1662. Le navire a quitté Amsterdam il est arrivé à New Amsterdam, en Février 1663 (apparemment un très long voyage). Ceci est une date raisonnable comme le prouve les dossiers et documents à la New Amsterdam de Jacques Cossart et six de ses compagnons de voyage pour une concession de terre au gouverneur Stuyvesant le 19 Mars 1663. Dans les registres paroissiaux du 1 Avril, 1663, Cossart et ses compagnons présentent leur lettre d’introduction et se joignent à l’Eglise réformée néerlandaise de New Amsterdam. Après 1685, le nom de sa veuve était sur la liste de l’Eglise comme Lydia Willems, veuve de Jacques Cossart.
Le nom Cossard sera transformé en 1760. C’est le grand-Père de Mary Cassatt qui l’américanisera en Cassatt. 158 ans après bien des changements: en Amérique naitra Mary Cassatt qui elle aussi fera des recherches sur ses origines (voir Achille Segard, Mary Cassatt un peintre des enfants et des Mères : page. 2). Est-ce un hasard ? Mary Cassatt s’installe définitivement à Paris en 1875. C’est en France qu’elle sera reconnue comme artiste et  plus tard l’Amérique suivra !
Huguenot : Etymologie incertaine.
Ce terme viendrait de l’allemand Eidgenossen qui signifie : Confédérés. Employer d’abord par dérision il a commencé à se répandre vers 1559/1560.
La croix Huguenote n’est pas un objet pieux, c’est un bijou. Elle est le signe qui affirme l’appartenance et l’adhésion à la foi protestante

image 9

image 10

Edité le 05 02 2016

Publié dans Famille Cossart / Cassatt | Laisser un commentaire